ACTE I, SCÈiNE Vf
1er parvenu... et maintenant le contrôleur général des finances... Diable! c'est sérieux... Il nie prévient que si^ aujourd'hui , à deux heures, le nouveau bail n'est pas signé, il ne pourra plus l'être... Des gens influents en cour, et qui désirent la création d'emplois lucratifs ^ poussent Sa Majesté à mettre ses revenus en régie.
BONMVET.
Bah !.. mais, mon ami, cette idée est absurde.,. Un gouvernement sans fermiers généraux ne peut pas exister... Qui donnerait donc des écrins aux favorites , des pots-de-vin aux ministres et des châteaux aux actrices?., il y aurait une révolution, mon cher .. on nous redemanderait à cor et à cris !..
LA uiPARDikuE, allant pour décacheter la dcrnièi-e
lettre, et s'arrétnnt en lisant la suscription.
A Monsieur, monsieur Nicolas Salzard... eh! mais cette lettre n'est pas pour moi.
MANON, ne levant vivement.
Plaît-il!.. une lettre pour Nicolas !
LA uiPARDiÈUE, passunt près de Manon .
Sans doute... que tu m'as remise par erreur.
MANON
Excusez... c'est que je ne suis pas encore bien forte sur la lecture... {Regardant la lettre.) Qu'est-ce que ça peut être? {Elle retourne près de la loge. Ritournelle de l'air suiiant.) LA RiPARDiÉRt;, remontant et regardant au dehors.
Dieu ! voilà déjà nos confrères qui arrivent... (/l Bonnivet.) lit vous n'êtes pas encore parti... Prenez mon carros^e^ qui est a deux pas... et courez chcîz ces dames... mais, avant tout, voyez l'abbé Terray... qu'à tout prix il obtienne du roi un jour^ un seul jour de répit... moi, pendant ce temps, je vais chapitrer nos confrères, qui n'en sont [)Oul-être pas à leur dernier mot.
IJONNIVKT.
J'y vole, mon ami, j'y vole. {Il sort par la gauche.)