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place des recherches sérieuses, et ils ont employé la plume du romancier bieu plus que celle du philosophe.
Pendant ces dernières années, cependant, une nouvelle branche de connaissances s'est formée; une nouvelle science est, pour ainsi dire, née au milieu de nous. Cette science s’occupe de temps et d’événements bien plus anciens qu’aucun de ceux dont s’était encore occupé l’archéologue. Le géologue ne compte ni par jours ni par années; les six mille ans qui, tout dernièrement encore, représentaient la somme totale de l’àge du monde, ne sont pour lui qu’une unité de temps dans la longue succession des époques passées. Nos connaissances géologiques sont certainement encore très- incomplètes; sur bien des points il nous faudra sans doute changer d’opinions ; mais, en somme, les conclusions que la géologie indique sont aussi détinies que celles de la zoologie, de la chimie ou des autres sciences exactes. Pourquoi les méthodes d’examen, qui ont si bien réussi pour la géologie, ne seraientelles pas appliquées à jeter quelque lumière sur l'histoire de l’homme autéhistorique ? L’archéologie forme, en un mot, le lien entre la géologie et l'histoire. 11 est vrai que nous pouvons, à I inspection des ossements et des dents des animaux, nous faire une idée de leurs habitudes et de leur mode de vie ; tandis que, dans l’état actuel de nos connaissances, nous ne pourrions pas toujours distinguer le squelette d’un sauvage de celui d’un philosophe. Mais, d’un autre côté, les animaux disparus ne laissent après eux que leurs ossements et leurs dents, tandis que pour étudier les hommes du passé, il nous reste leurs ouvrages: les maisons qu’ils habitaient, les tombeaux où ils enfermaient leurs morts, les fortifications qu’ils construisaient, les temples où ils priaient, les instruments dont ils se servaient, les ornements qu’ils portaient.
Dans le but d’étudier avec soin les restes qui nous sont parvenus, on pourrait diviser l’archéologie autéhistorique en quatre grandes époques.
Premièrement, celle du diluvium, époque pendant laquelle l’homme se partageait l'Europe avec le Mammouth, l'Ours des
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cavernes, le Rhinocéros tichorhinm et autres animaux disparus. Nous pourrions appeler cette époque, l’époque « palæolithique ».
Secondement, l'âge des pierres polies, époque caractérisée par de belles armes, par des instruments faits de silex et d’autres sortes de pierres, mais pendant laquelle les hommes ne connaissaient aucun métal, si ce n’est l'or, qui paraît avoir été quelquefois employé en ornements. Nous pourrions appeler cette époque, l’époque « néolithique » .
Troisièmement, l’âge de bronze, pendant lequel ce métal a été employé à la fabrication des armes et des instruments tranchants de toutes sortes.
Quatrièmement, l’âge de fer, pendant lequel ce métal a remplacé le bronze dans la fabrication des armes, des haches, des couteaux, etc. Le bronze est encore, cependant, communément employé pour les ornements, et aussi pour les poignées d’épée et autres armes, mais jamais pour la lame. On continua toutefois de se servir des armes de pierre pendant l'âge de bronze et même pendant l’âge de fer. Aussi la seule présence de quelques instruments de pierre n’est-elle pas une preuve suffisante qu’une « trouvaille », quelle qu’elle soit, appartienne à l’âge de pierre.
Afin d’empêcher les méprises, je constaterai ici, une fois pour toutes , que je n’applique cette classification qu'à l’Europe , quoique très-probablement elle pourrait s'appliquer aux parties avoisinantes de l'Asie et de l’Afrique. Quant aux autres contrées civilisées, la Chine et le Japon par exemple, nous ne savons encore rien de leur archéologie antéhistorique. Il est évident aussi que quelques peuples, tels que les naturels de l’tle de Feu et ceux des Iles d’Andaman, en sont encore a présent à l’Age de pierre.
Mais, même avec ces restrictions, la classification ci-dessus n’a pas été généralement adoptée. Il y a encore quelques archéologues qui croient que les armes et les instruments de pierre, de bronze et de fer, ont été employés simultanément.
Abandonnant la considération de l'Age de pierre pour les chapitres suivants, je m'efforcerai, dans ce chapitre, de prouver que,
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eu Europe, les armes el les instruments de bronze caractérisent une époque particulière, et appartiennent à un temps antérieur à la découverte du fer, ou tout au moins à son emploi usuel. Nous pouvons, à l'appui de cette opinion, invoquer d'abord le témoignage des plus anciens écrivains, puis le témoignage des objets eux-mêmes.
En un mot, les armes de bronze, les épées et les haches principalement, sont, non-seulement par leur forme, mais aussi par leur ornementation, très-semblables dans toute l’Europe , et diffèrent beaucoup des armes de fer. Et, quoique bien souvent on ait retrouvé des amas considérables d’armes, à peine pourrait-on citer un seul cas dans lequel on ait trouvé réunis des armes de bronze et de fer.
Par exemple, à Nidau, dans le lac de Bicnne, le colonel Schwab a trouvé plus de deux mille objets de métal sur le site d’un ancien village lacustre : presque tous étaient de bronze ; on a trouvé seulement trois fragments de fer, et très-probablement ces fragments sont modernes. Au contraire, à Tiefenau, auprès de Berne, où l’on a découvert un grand nombre d'armes de fer, comprenant au moins cent épées, on n’a pas trouvé une seule arme de bronze.
Il est probable que l'or a été le métal qui, le premier, ait été remarqué par l'homme. On trouve l'or dans bien des rivières, et sa brillante couleur devait certainement attirer l’attention des plus grossiers sauvages, toujours passionnés pour les ornements personnels. L’argent ne paraît avoir été découvert que longtemps après l’or; très-probablement même, le cuivre et l’étain ont été découverts d’abord, car on trouve rarement l'argent, si jamais on le trouve (1), dans les tumuli de l’àge de bronze. Mais, quoi qu'il eu soit, le cuivre semble avoir été le premier métal réellement utile à l’homme. La raison en est, peut-être, que les minerais de cuivre abondent dans bien des pays et se fondent sans difficulté, et que le cuivre natif se rencontre fréquemment et peut immédiatement recevoir une forme, tandis que le fer ne
(1) Horœ ferales, page 60.
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se présente jamais que sous la forme de minerais. Ainsi, par exemple, les Indiens de l’Amérique du Nord se procuraient le cuivre dans les mines situées près du lac Supérieur et dans quelques autres, et le martelaient immédiatement pour en faire des haches, des bracelets et autres objets.
L’étain attira aussi l’attention à une période très-reculée, il cause probablement du poids considérable de sou minerai. Quand les métaux étaient très-rares, il devait nécessairement arriver (pie, pour compléter une quantité requise, on ajoutait de l'étain au cuivre, ou vice verset. On dut remarquer que les propriétés de l’alliage étaient tout à fait différentes de celles de chaque métal pris séparément, et quelques expériences durent être suffisantes pour déterminer les proportions les plus avantageuses, qui sont environ 9 parties de cuivre pour 1 partie d’étain. On n’a encore trouvé en Europe aucun instrument, aucune arme d’étain, et ceux de cuivre sont extrêmement rares, d’où l’on a tiré la conclusion que l'on connaissait, en dehors de l'Europe, l’avantage de la combinaison des deux métaux avant qu’aucun d’eux fût connu dans cette partie du monde. La plupart des « haches de cuivre», etc., contiennent une petite proportion d'étain, et les quelques exceptions indiquent probablement plutôt un manque temporaire qu’une ignorance totale de ce métal.
Les minerais de fer, quoique bien plus abondants, attirent beaucoup moins l’attention que ceux de cuivre ou d’étain. En outre, quoique plus facilement réduits peut-être, le métal est beaucoup plus difficile à travailler que le bronze. Ce précieux alliage se fond très-facilement ; aussi toutes les armes, tous les instruments faits de bronze dans l’antiquité, étaient-ils coulés dans des moules de sable ou de pierre. L’art de couler le fer est resté inconnu jusqu’à une période comparativement récente.
Les premiers poètes attribuent souvent au fer l’épithète roWjc[«;toç, et l’adjectif «ïi^vipso; s’emploie métaphoriquement pour impliquer la plus grande inflexibilité.
Cependant, bien que ces faits tendent à expliquer cotte impro-