‹ L'homme avant l'histoireChapitre 13 sur 124 · DK L'EMPLOI DI' BRONZE DANS L’ANTIQUITÉ · texte numérisé non relu

DK L'EMPLOI DI' BRONZE DANS L’ANTIQUITÉ

Dans l’été de 1862, M. Engelhardt trouva dans le même champ un vaisseau, ou plutôt un grand bateau à fond plat, de 70 pieds de long, de S pieds de profondeur au milieu , et de 8 ou 9 pieds fie largeur. Les côtés de ce bateau sont formés de planches de chêne se recouvrant l'une l'autre et assemblées au moyen de chevilles de fer. Sur le côté intérieur de chaque planche se trouvent plusieurs saillies, qui ne sont pas des morceaux de bois rapportés, mais qui ont été laissées quand la planche a été façonnée. Dans chacune de ces saillies, il y a deux petits trous à travers lesquels passaient des cordes faites avec de l’écorce intérieure d'arbres; ces cordes étaient destinées à fixer les côtés du bateau sur les membrures. Les tolletiéres consistent en une sorte de corne de bois, sous laquelle se trouve un orifice, de telle sorte qu’une corde attachée à la corne, et passant par l’orifice, laisse un espace assez considérable pour le libre mouvement de la rame. 11 paraît y avoir eu sur ce bateau cinquante paires de rames; on en a déjà découvert seize. Le fond du bateau était recouvert d une natte. Je visitai cet endroit une semaine environ après que ce bateau avait été découvert , mais je ne pus le voir aussi bien que je l'aurais voulu, car on l’avait démonté, et les planches, etc., * étaient couvertes de paille et de tourbe , pour les faire sécher lentement. M. Engelhardt espère que, de cette façon, quelquesunes des parties tout au moins conserveront leur forme. Le chargement du bateau consistait en haches de fer, une hache creuse avec son manche, des épées, des lances, des couteaux, des broches, des pierres à aiguiser, des vases de bois, et, chose assez singulière, deux balais de bouleau, et beaucoup d’autres petits objets. On n’a retrouvé encore que ce qui restait dans le bateau, et comme, en s’enfonçant, il s’est presque retourné sur le côté, il y a tout lieu de croire que bien d'autres objets récompenseront les nouvelles recherches que M. Engelhardt se propose de faire. Il est évident qu’on a fait couler exprès ce bateau, car on a percé dans le fond un trou carré d’environ 6 pouces de diamètre : il est probable que dans quelque moment de panique ou de danger, les

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objets contenus dans ce bateau ont été ainsi cachés par leur propriétaire, qui n’a jamais pu les recouvrer. A des époques mêmes récentes, pendant des troubles, comme par exemple au commencement de ce siècle et en I8à8, beaucoup d’armes, d’ornements, d’ustensiles, etc., ont été si bien cachés dans des lacs et dans des tourbières, qu’on n’a jamais pu les retrouver. Un intérêt considérable s’attache à ce vaisseau et à son contenu, car nous pouvons fixer presque exactement leur date. Le bateau a été trouvé, comme je l’ai déjà dit, à quelques mètres de l’endroit où les découvertes précédentes de Nydam ont été faites; or, comme toutes les armes et tous les ornements correspondent exactement, il n’y a pas lieu de douter qu’ils appartiennent à la même époque. Or, la collection précédente comprenait près de cinquante pièces de monnaie romaines portant différentes dates depuis 67 après Jésus-Christ jusqu’en 217 ; nous ne croyons pas être loin de la vérité en assignant ces restes au ni' siècle.

Une découverte presque semblable a été faite à Thorsbjerg, dans le même voisinage; mais, dans ce cas, à cause de quelque différence chimique dans la constitution de la tourbe, le fer a presque entièrement disparu. On pourra assez naturellement se demander pourquoi je cite ce cas comme un exemple de luge de fer? La réponse me semble conclusive. Toutes les épées, toutes les têtes de lance, toutes les haches, ont disparu, tandis que les poignées de bronze ou de bois sont parfaitement conservées; et comme les ornements et autres objets de bronze sont en bon état, il est évident que les épées, etc., n’étaient pas de ce métal : il est donc raisonnable de conclure qu’elles étaient de fer, d’autant plus que tous ces objets ressemblent beaucoup à ceux trouvés à Nydam, et que les pièces de monnaie, qui sont presque aussi nombreuses que celles trouvées à ce dernier endroit, vont de 60 A. D. à 197 ; on peut donc regarder ces deux amas comme contemporains.

Non-seulement on ne trouve aucune arme de bronze flans ces dépôts, mais la forme des armes et leur ornementation diffèrent

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de celles de l’Age de bronze. Ces armes ressemblent beaucoup, dans quelques cas, aux armes romaines; d’autres fois, elles sont toutes différentes, et représentent évidemment l’art septentrional.

Ces découvertes, et d’autres semblables, prouvent que l'usage des armes de bronze avait cessé dans le Nord avant, et probablement longtemps avant te commencement de notre ère. La facilité avec laquelle se travaille le bronze le faisait encore employer pour les broches et les ornements; mais il avait été entièrement remplacé par le fer pour la fabrication des épées, des lances, des haches et des instruments semblables. Souvent on a trouvé des épées de fer avec des poignées et des fourreaux de bronze, mais c’est à peine s’il existe un exemple du contraire.

Réciproquement, de même qu’on ne trouve jamais d’armes de bronze dans les grands dépôts de l’àge de fer, de même aussi on ne trouve pas d’armes de fer dans ces cas où, comme par exemple à Nidau, sur le lac deBienne, et à Estavayer, sur le lac de Neufchàtel, on a découvert de grands amas d’outils et d’armes de bronze.

Pour conclure : quoique les découvertes d’armes de bronze et de fer aient été très-nombreuses, on pourrait à peine cependant citer un seul cas dans lequel des épées, des haches, des dagues ou autres armes, faites de ces deux différents métaux, aient été trouvées réunies. Les pièces de monnaie, la poterie, ou d’autres restes d’origine romaine, n’accompagnent jamais non plus les armes de bronze. On appréciera mieux la valeur de ce témoignage après avoir lu l’extrait suivant des Essais de M. Wright sur l’archéologie (t).

« Tous les sites de villes romaines détruites que je connais, présentent au chercheur une collection nombreuse d’objets, s’étendant pendant une période qui finit abruptement avec ce

(1) Essaya on Archwoloyy, page 105.

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