DE L’EMPLOI DI' BHONZE DANS L'ANTIQUITÉ
que nous appelons la fin de l'époque romaine; les circonstances dans lesquelles ces objets sont trouvés ne peuvent laisser aucun doute que ce fut alors la période de destruction. Autrement nous trouverions aussi des objets qui nous rappelleraient des époques subséquentes. Je ne parlerai que d’une classe d’objets que l'on trouve ordinairement en nombre considérable, les pièces de monnaie. Elles représentent invariablement une série plus ou moins complète de monnaies romaines, finissant au plus tard avec les empereurs qui ont régné dans la première moitié du v' siècle. Il n’en est pas ainsi dans les villes romaines qui ont continué à exister après cette époque, car alors, au contraire, nous trouvons des restes qui nous rappellent les habitants postérieurs, tels que les Saxons. Je dois me contenter de vous citer un seul exemple, celui de Richborough, dans le comté de Kent. La ville de Rutupiæ semble s’être rendue aux Saxons, et a continué d’exister jusqu’à ce que les habitants, voyant la mer se retirer par degrés, aient été s’établir à Sandwich. Or, les monnaies trouvées à Richborough ne finissent pas avec celles des empereurs romains; nous trouvons d’abord, au contraire, une grande quantité de ces singulières petites pièces de monnaie, que l’on connaît ordinairement sous le nom de minimi, mauvaises imitations des monnaies romaines, et qui appartiennent à l’époque qui suivit immédiatement la période romaine et précéda celle des monnaies saxonnes. »
Nous pouvons donc supposer comme prouvé, même en prenant M. W right comme autorité, que, si toutes ces armes de bronze étaient réellement d’origine romaine, on en aurait trouvé beaucoup, de temps en temps, au milieu d'autres restes romains. Cependant M. Wright n’a pas pu me citer un seul cas, même douteux, de cette espèce (1).
(1) Dans le Calrdunia Romand de Stuart, 2' édition, pl. V, sc trouve reproduite une épée qui affecte la forme d’une feuille, trouvée, dit-on, dans ou prés la station romaine d’Ardoeh. On ne donne pas cependant de détails sur relte découverte.
UE L'EMPLOI DE BRONZE ÜANS L’ANTHJflTÉ.
Je puis ajouter aussi que les Romains employaient le mot ferrum , soit avec la signification de « fer » , soit avec celle « d’épée » , ce qui prouve que leurs épées étaient faites avec ce métal. En outre, il est un fait à remarquer, c’est que les armes de bronze sont plus particulièrement nombreuses dans les pays où les armées romaines n ont jamais pénétré, tels, par exemple, que l’Irlande et le Danemark.
On ne pourrait pas non plus attribuer les armes de bronze il une période subséquente. On a examiné , et dans ce pays, et suite continent, quantité de tombeaux saxons, et nous savons que les épées, les lances, les couteaux et les autres armes de celte époque étaient de fer. En outre, si les instruments et les armes de bronze appartenaient à une période plus récente que la période romaine, on en aurait certainement, je crois, trouvé bien des spécimens dans les villes détruites, avec les potories et les monnaies de cette époque. La similitude des armes trouvées dans des parties de l’Europe très-éloignées les unes des autres implique en outre des relations beaucoup plus considérables que celles qui existaient après l’époque romaine. En somme donc, tous les témoignages semblent prouver que l’emploi des armes de bronze caractérise une phase particulière de l’histoire de la civilisation européenne, phase antérieure à la découverte, ou tout au moins à l’emploi général du fer pour les instruments tranchants. Les objets les plus communs, et peut-être les plus caractéristiques appartenant it l’âge de bronze, sont ce qu’on a appelé les haches celtiques (fig. 1 à 12), objets probablement employés comme ciseaux, houes, haches de guerre, et autres usages. Des instruments semblables, mais de fer, au lieu de bronze, sont encore employés en Sibérie et dans quelques parties de l’Afrique (1). Les collections irlandaises en possèdent plus de deux mille, sur lesquels le grand musée appartenant à l’Académie royale irlandaise à Dublin en contenait en 1860 six cent quatre-vingt-huit.
(i) Horie ferales, page 77.