‹ L'homme avant l'histoireChapitre 41 sur 124 · POTERIE · texte numérisé non relu

POTERIE

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Pont de Thièle. . .

Moosseedorf. ....

Wauwyl

Morges

Nidau

Mrerigen

Estavaycr

Cortaillod

Corcelettes

Quant aux objets de pierre, d'os et de terre cuite, je me suis procuré les statistiques ci- dessus pendant mon voyage en Suisse ; je dois à l’obligeance de M. Corel le nombre des objets de bronze trouvés à Morges, et à celle du docteur Relier, le nombre des objets de bronze trouvés dans les autres stations. Je n’ai pas pu me procurer une liste complète des objets de pierre, d’os, etc., trouvés dans les stations de l’âge de bronze.

l’absence de polissoires et peut-être, jusqua un certain point, d’éclats de silex. Je n’insisterai donc pas sur ce point, niais l’absence totale de haches de pierre à Morges, et leur rareté à Nidau et à Estavayer, est un fait très-remarquable. M. Forel m’a assuré que, quoiqu’il ait cherché avec soin, il n’en a pas trouvé une seule. Le grand nombre de pierres à écraser le grain et la présence de molettes sont aussi des faits significatifs.

La splendide collection du colonel Schwab, d'objets trouvés à Nidau, confirme ce que nous venons de dire. Il n’a que 33 haches de pierre, et cependant 335 pierres à écraser le grain. Il n’a pas, paraît-il, recueilli les objets de pierre. 11 a près de 200 molettes et beaucoup d’anneaux de terre cuite dont quelques-uns ont été trouvés à Morges, mais qu’on ne rencontre jamais au pont dcThièle, à Wauwyl, à Moosseedorf et à Wangen.

Bien entendu il est possible que des civilisations très-différentes aient pu coexister dans différentes parties du même pays; mais nous devons nous rappeler, dans ce cas, que la station du pont de Thièle et celle de Nidau, sont sur les rives du même lac, et que Moosseedorf n’est guère distant de Nidau que de 15 milles. Nous ne pouvons pas non plus supposer que les différences soient entièrement une question de richesse ; la quantité considérab'e d’hameçons, de haches, de petits anneaux, d’épingles, etc., de bronze, prouve que non-seulement on employait le bronze pour les objets de luxe, mais aussi pour les instruments ordinaires.

Ce n'est pas seulement par la présence ou l’absence du bronze que les Pfahlbauten diffèrent les uns des autres; il y a bien d’autres preuves de progrès. Nous ne pouvons nous attendre à trouver ce progrès dans les instruments de pierre ou d’os, et cependant, comme nous l'avons déjà dit, les plus belles formes de haches de pierre, et celles qui sont percées, sont très-rares, sinon tout à fait inconnues pendant l’âge de pierre ; on n'en a trouvé aucune au pont de Thièle, à Moosseedorf, ou à Wauwyl, et deux seulement à Wangen.

En outre, ce qui nous frappe le plus, ce n’est pas la simple présence du bronze, c’est la beauté et la variété des objets faits avec ce métal. Si l'on examine une collection d'objets de l’Age de pierre, on ne peut s’empêcher de remarquer leur grande uniformité. Les besoins semblent avoir été alors fort limités. Pendant l'àge de bronze tout est changé. On trouve non-seulement comme auparavant des haches, des flèches et des couteaux, mais en outre, des épées, des lances, des faucilles, des boucles d'oreille, des bracelets, des épingles, des anneaux et une quantité d'autres articles. Un autre fait remarquable , surtout quand on considère la grande, je pourrais dire l’immense quantité de haches celtiques de bronze qui ont été retrouvées, c’est que deux à peine ont été coulées dans le même moule.

11 en est de même pour la poterie. Rien ne prouve que les hommes de l’àge de pierre aient connu le tour à potier, les matériaux dont ils faisaient leur poterie sont très-grossiers (1), ils contenaient de gros morceaux de quartz, tandis que les matériaux des poteries de l'àge de bronze sont préparés avec plus de soin. L’ornementation des deux périodes offre aussi un grand contraste. Pendant l’àge de pierre, cette ornementation consiste en impressions faites avec l’ongle ou avec le doigt, ou quelquefois avec une corde attachée autour de l’argile molle. Les lignes sont toutes droites ou, si elles sont courbes, elles sont irrégulières. Pendant l'àge de bronze, nous retrouvons les dessins de l’àge de pierre, mais en outre des cercles et des spirales; l imitation des animaux et des plantes caractérise l’àge de fer.

La table suivante [est un extrait d’une table plus considérable donnée par le professeur Rütimeyer; 1, représente un seul individu; 2, plusieurs individus; 3, dénote les espèces communes; à, les espèces très-communes; et 5, celles qui sont présentes en

(!) L'extrême grossièreté des poteries trouvées dans les lacs suisses provient peut-être de ce qu'elles étaient destinées & la cuisine, car les matériaux des vases trouvés dans les turnuli de l'âge de pierre sont souvent préparés avec plus de soin.

plus grand nombre. Un coup d'œil suffira pour montrer que les animaux sauvages prédominent dans les Pfahlbauten de l’âge de pierre, à Moosseedorf et à Wauwyl, par exemple; les animaux domestiques à Nidau, station de l’Age de bronze.

Nous voyons doue que la distinction entre l’âge de pierre et l’âge de bronze ne consiste pas seulement dans la présence du métal. Quelques personnes penseront, peut-être, que les preuves ne sont pas encore assez fortes pour nous permettre de tirer une conclusion. Cependant la nature et l’exécution des ornements, la fabrication de la poterie, l’emploi du tour à potier, la plus grande variété des besoins, prouvée par la plus grande variété des instruments, les traces d’une agriculture plus avancée, la diminution des animaux sauvages, l'augmentation des animaux domestiques, tout tend à prouver que les habitants de Morges et de Nidau, étaient plus civilisés que ceux de Moosseedorf et de Wauwyl.

WAUWYL.

MOOSSEEDORF.

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