ANIMAUX DOMESTIQUES
Cheval
Bœuf
Chèvre
Mouton
Chien
(I) Le professeur Riitimeyer pense que cet animal sauvage était apprivoise à Nidau et dans les derniers Pfahlbauten.
Le colonel Schwab a trouvé au Steinberg plus de vingt croissants faits de terre cuite, et dont le côté convexe est aplati pour servir de pied. Les côtés sont comprimés; ces croissants sout quelquefois tout unis, quelquefois décorés, ils ont de 8 à 12 pouces d'une extrémité à l’autre et de 6 à 8 pouces de hauteur. Le docteur Relier pense que ce sont des emblèmes religieux et qu’ils se rapportent au culte de la lune. 11 cite Pline, XVI, 95 : « Est autem id (viscum) rarum admodum inventu et repertum magnà religione petitur et ante omnia scxtà luuâ, quæ priucipia mensium annorumque bis facit, et sa;culi post tricesimum annum, quia jam viriura abunde habeat nec sit sui dimidia; omnia sanuntem apjællantes s no vocabulo. » 11 traduit ainsi ce passage : « Le gui est, cependant, très-rare, mais quand on le trouve, on le cueille avec de grandes cérémonies religieuses, surtout le sixième jour de la lune; c’est à cette époque que commencent leurs mois, leurs années et leurs cycles de trente ans, parce qu’elle a alors une force suffisante et qu’elle n’est pas arrivée à la moitié de sa course ; ils l’appellent dans leurs langage Remède à tous les maux. » C’est le nom qu’on a généralement donné au gui (1). Mais les archéologues suisses pensent que c’est une erreur et que cette expression s’applique à la lune.
Les villages lacustres de la Suisse semblent avoir diminué graduellement. Pendant luge de pierre, ils étaient disséminés dans tout le pays. Autant que nous le savons «à présent, ils ne se trouvent pendant l’àge de bronze que dans les lacs de la Suisse occidentale; pendant l’àge de fer, ils n’existent plus que sur les lacs de Biennc et de Neufchàtel. Dans ces dernières stations, non-seulement une nouvelle substance apparaît, mais la forme des instruments est différente. Nous retrouvons, il est vrai, des copies de haches de bronze, faites de fer de même que nous avious trouvé des haches celtiques de bronze ressem-
(1) Voy. The Ceit, Roman and Saxon, p. 48.
blant aux haches de pierre; mais ce sont là des cas exceptionnels. Les épées oui des poignées pins grandes et sont plus richement décorées; les couteaux ont une lame droite; les faucilles sont plus grandes; la poterie est mieux faite et ressemble à celle que nous connaissons sous le nom de poterie romaine; les bijoux sont aussi plus variés et enfin le verre paraît.
Un champ de bataille à Tiefenau, auprès de Berne, est remarquable à cause du grand nombre d’armes et d'instruments de fer qu’on y a trouvés. Des morceaux de chars, environ cent épées, des fragments de cottes de mailles, des têtes de lance, des anneaux, des fibulæ, des ornements, des ustensiles, des morceaux de poterie et de verre, et plus de trente pièces de monnaie gauloises ou massaliotes d'une date antérieure à notre ère, nous permettent d’attribuer ce champ de bataille à la période romaine. On a trouvé aussi dans une petite île du lac de Bienne, environ quarante pièces de monnaie romaine.
Après cette époque, nous ne trouvons plus de villages lacustres sur une grande échelle. Çà et là, peut-être, quelques pêcheurs ont pu vivre sur les plates-formes à demi détruites, mais les besoins et les habitudes du peuple avaient changé, et l’Age des habitations lacustres en Suisse était fini.
Nous les avons cependant suivis, à travers l'âge de pierre et l’Age de bronze, jusqu’au commencement de l'âge de fer. Nous avons vu les preuves d’un progrès graduel de la civilisation et des arts, d’une augmentation dans le nombre des animaux domestiques et enfin de l’existence d’un commerce considérable. Nous avons trouvé le pays habité par de grossiers sauvages, nous le quittons alors qu’il est le siège d’une nation puissante. Des changements si importants ne s’accomplissent pas en un jour; le progrès de l’esprit humain est bien lent; les additions graduelles aux connaissances humaines, comme les anneaux dans le tronc des arbres, nous permettent de nous faire quelque idée de l’antiquité de leur commencement. Mais les conditions de l'esprit humain sont si variées, les nations sont tellement affectées par
l’influence que d’autres nations exercent sur elles, que quand nous essayons d’exprimer nos impressions en un terme d'années, pour ainsi dire, nous nous voyons arrêtes par la complexité du problème.
On a essayé, il est vrai, d’obtenir une chronologie plus définie, je parlerai de ces essais dans un chapitre subséquent. Quelque imparfaites que soient les annales archéologiques, nous ne devons cependant pas désespérer d’arriver un jour à une chronologie approximative. Pendant ces dix premières années, notre connaissance de la haute antiquité a fait d’immenses progrès, et nous pouvons tout espérer de l’avenir.
Les archéologues suisses continuent leurs travaux, et ils peuvent être certains que nous, eu Angleterre, nous attendons avec impatience les résultats de leurs investigations. Quoi, d’ailleurs, plus intéressant que le spectacle d’un peuple antique et depuis longtemps oublié se levant, pour ainsi dire, pour venir reprendre dans l'histoire de la race humaine la place qui lui appartient.