‹ L'homme avant l'histoireChapitre 76 sur 124 · I.ES SAUVAGES MODERNES · texte numérisé non relu

I.ES SAUVAGES MODERNES

Les habitants des îles des Amis ou de l' archipel de Tonga, et ceux des îles Sandwich, ont aussi été très-bien décrits par le capitaine Cook, mais ils appartenaient à la même race que ceux de Taïti et de la Nouvelle-Zélande, et ils leur ressemblaient par la religion, la langue, les canots, les maisons, les armes, la nourriture, les habitudes, etc. Il est assez remarquable que les insulaires des Sandwich, en plusieurs points, par exemple dans leurs danses, leurs demeures, leur tatouage, etc., offraient plus de ressemblance avec les Néo-Zélandais qu’avec les indigènes des lies de la Société et des Amis, leurs voisins plus rapprochés. Dans les îles des Amis, le capitaine Cook observa un genre de mollesse très-singulier, auquel se livraient les chefs. Quand l’un d’eux voulait dormir, deux femmes venaient s’asseoir à côté de lui, « et lui donnaient de vigoureux coups de poing sur le corps et sur les jambes, comme sur un tambour, jusqu’à ce qu'il tombât dans le sommeil ; elles continuaient cet exercice toute la nuit, à quelques intervalles près ». Quand le chef est profondément endormi, elles prennent quelquefois un moment de repos, « mais elles recommencent dès qu’elles remarquent qu’il a l’air de s’éveiller» (l). Wilson dit la même chose dans son Voyage d'un missionnaire (2). Dans toutes les îles, les chefs paraissent avoir été traités avec un respect qui n'était pas moins profond, pour s'exprimer d’une manière qui nous semble bizarre. L’un de ces témoignages de respect consistait à se découvrir le corps depuis la ceinture : se découvrait-on par en haut ou par en bas? c’était, paraît- il, une question indifférente ou plutôt laissée à la convenance de chacun (3). Dans les îles des Amis, on considérait comme une marque de grossièreté extrême de rester debout en parlant au roi.

11 y avait aussi un certain commerce entre les différentes îles.

(1) Troisième Voyage, vol. I, p. 323.

(2) Wilson, loc. cil., p. 237.

(3) Cook, Premier Voyage, vol. II, p. 125.

LES SAUVAMES MODERNES.

Bora-Bora et Otahaw produisaient beaucoup d'huile de noix de coco, que l’on échangeait à Taïti contre des vêtements. Le mûrier à papier ne poussait pas bien dans les basses lies, mais celles ci avaient, en revanche, une race de chiens au poil long et soyeux, •pii était fort estimée dans les autres îles.

Page 1