‹ L'homme avant l'histoireChapitre 89 sur 124 · I.ICS SA r VA (i LS MÛDKIt.NLS · texte numérisé non relu

I.ICS SA r VA (i LS MÛDKIt.NLS

Michigan, du Wisconsin, de l’Iowa et du Minnesota, ainsi que dans les vallées supérieures du Mississippi et du Missouri. Il était récolté par. les femmes, et constituait une des principales branches de leur alimentation. Elles traversaient les rivières en canot, et prenant les tiges par poignées, elles les courbaient sur les bords de leur embarcation pour en extraire le grain à coups de pagaie.

Toutefois les Indiens de l’Amérique du Nord ont longtemps demandé au règne animal la plus grande partie de leur nourriture. Us sont essentiellement chasseurs et pécheurs, se nourrissant surtout de buffle, de daim et de saumon. Les buffles étaient tantôt poussés dans des fourrières, tantôt tués à coups de flèches en pleine prairie. Contre les poissons, ils se servaient, soit de lances, soit de filets, etc., soit quelquefois de flèches. Les Macaws et les Clallums, sur la côte du Pacifique, tuaient même de temps à autre des baleines. Pour cela, ils employaient de grands harpons d’os barbelés, avec une corde et un solide sac de peau de veau marin gonflé d’air. Us faisaient de cet appareil le même usage que les Esquimaux. Comme toutes les races carnivores, les Indiens passent alternativement de l’extrême abondance il l’extrême disette. En général, il y a beaucoup de gibier, et Noka , un des plus célèbres chasseurs, tua, dit-on, le même jour, seize élans, quatre buffles, cinq daims, trois ours, un porcépic et un lyux. C’était là naturellement un cas bien exceptionnel. Cependant il y a d’ordinaire une saison de l’année où l'on abat plus de gibier que n’en exigent les besoins de la consommation immédiate. En pareille occurrence, le surplus est séché et changé en peminican. L'hiver, néanmoins, ils sontsouveut très à court de vivres. Back fait un tableau terrible de leurs souffrances dans les temps de famine (1), et Wveth nous dit que les Shoshonees « meurent presque de faim chaque année, et qu’en hiver et au printemps ils sont réduits à la dernière maigreur. Les trappeurs

(1) Back, Expédition aux terres arctiques, p. 10Û-22G. — Vuyer aussi Hichardsuu, Expédition arctique, \ol. Il, p. Uü.

LES SAl'YAGKS MODERNES.

croyaient généralement que tous finissaient par périr d'inanition, en devenant vieux et infirmes (1). »

Comme on peut naturellement s'y attendre, le mode des funérailles varie beaucoup suivant les diTérentes parties de l’Amérique du Nord. Dans la Colombie, « on place d’ordinaire les morts sur le sol, couverts de leurs vêtements et cousus dans une peau ou couverture; les objets qui ont appartenu personnellement au défunt sont déposés près du corps ; sur le tout, on met quelques planches qui forment une sorte d’abri contre les intempéries de l’air » (2). Chez ces tribus, le cadavre est plié en deux. Près du cap Orehard, dans le même district, on mettait les corps dans des canots, qu'on dépose au milieu des branches d’arbres. Les Mandans et la plupart des Indiens de la prairie sus])e»dent aussi les cadavres eu l’air. Chez les Indiens du lac Clair, les Carriers, etc., on avait l’habitude de les brûler, tandis qu en Floride on les enterrait dans la posture d'un homme assis. Chez d'autres tribus, les os étaient recueillis tous les huit ou dix ans, et inhumés dans un cimetière commun.

L’art ne leur fait pas absolument défaut, car ils savent faire certaines sculptures grossières, et tracer des ébauches non moins grossières sur leurs wigwams, leurs costumes de cérémonie, etc.; mais quant aux portraits, ils ont des idées singulières. Ils pensent qu’un artiste acquiert une sorte de pouvoir mystérieux sur celui dont il a pu saisir la ressemblance, et un jour qu’il était ennuyé par des Indiens, M. Kane s'en débarrassa immédiatement en menaçant de faire le portrait de quiconque resterait. Pas un ne s'y hasarda. Si le portrait est fidèle, tant pis; il est, il ce qu’ils s’imaginent, à demi-vivant, et cela aux dépens du modèle. D’après leur raisonnement, on ne peut mettre tant de vie dans le tableau qu’en le retirant à l’original. Ils croient encore que, si le tableau subit quelque injure, en vertu d’une relation mysté-

(1) Schoolcrafl, vol. I, p. Olti.

(2) Expédition d'exploration dans les États-Unis, vul. IV, p. 389.

libbock. 28

i.i:s sa i va»; es moueknks.

l ieuse, l'original y est sensible. Mais la plus bizarre peut-être de toutes leurs idées à cet égard est consignée dans un récit de Catlin. Il provoqua une vive émotion parmi les Sioux en dessinant de profil un de leurs grands chefs. « Pourquoi a-t-on laissé de côté la moitié de son visage? » demandaient-ils. « Mahtochcega n’a jamais craint de regarder un blanc en face. » Mahtochcega lui-même ne parut point en avoir été blessé, mais Shonka, le Chien, profita de la circonstance pour 1 insulter. « L’Anglais sait bien, dit-il. que tu n’es qu’une moitié d’homme; il n’a peint qu'une moitié de ton visage, parce qu’il sait que le reste ne vaut rien. » Cette explication amena une rixe dans laquelle le pauvre Mahtocheega reçut un coup de fusil, et, comme par une sorte de fatalité, la balle qui le tua traversa justement cette partie de son visage que l’artiste avait négligé de reproduire. Il en résulta de grands embarras pour M. Catlin, qui eut beaucoup de peine à se tirer de là, et vécut pendant plusieurs mois craignant pour ses jours. L’affaire ne fut terminée qu’après que Shonka et son frère eurent été tués, en représailles du meurtre de Mahtocheega.

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