I.ES SAUVAGES MODERNES
sol un trou circulaire d’environ 10 à 12 pieds de profondeur, et de Û0 à 50 pieds do tour, qu’ils couvrent de bois flotté et de boue. Sur un côté, on laisse une ouverture pour servir de porte, et une perche entaillée tient lieu d’échelle. C’est là que douze ou quinze personnes se terrent pendant la mauvaise saison : elles n’ont besoin que de très-peu de feu, car elles mangent généralement leur saumon cru , et d’ailleurs la place est très-chaude par suite du nombre d’hôtes qu’elle contient, et de l'absence de ventilation. L’été, leurs logements sont faits de joncs ou de nattes déployées sur des pieux. Cette tribu vit surtout de saumon, et elle le préfère gâté.
Au sud du golfe de Saint-Laurent et à l’ouest des montagnes Rocheuses, presque toutes les tribus semblent avoir plus ou moins cultivé le maïs. Dans les deux Carolincs et dans la Virginie, les Indiens en récoltaient de grandes quantités, et « tous y comptaient comme sur un moyen de subsistance assuré » (1). Les Delawares avaient de vastes champs de maïs à l’époque de la découverte de l’Amérique. En 1527, de Vaca le rencontra en faible quantité dans la Floride, et de Soto, douze ans plus tard, le trouva abondant chez les Muscogecs , les Chactaws , les Chickasaws et les Cherokees. Un jour, son armée, durant un espace de deux lieues, ne traversa que des champs de maïs. On sait que cette plante était cultivée par les Iroquois en 1610, et dans de petites proportions par « les communautés de chasseurs de l’Ohio, du Wabagh, du Miami et de l'Illinois » , ainsi que par les naturels qui habitaient les deux rives du Mississippi. Nous avons déjà dit un mot des preuves de l’ancienneté de cette agriculture dans le chapitre relatif à l’archéologie de l’Amérique du Nord ; le maïs paraît avoir été la seule plante qu’ils aient réellement cultivée, mais plusieurs tribus tiraient en grande partie leur subsistance de racines, etc. Le riz sauvage croissait aussi en abondance dans les lacs peu profonds, et clans les cours d’eau du
(1) Schoo kraft, loc. cil., vol. I, p. 6. — Voyez aussi Hichardson, Expédition arctique, vol. II, p. 51.