I.ES SAUVAGES MÜDEKNES
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doit être un rude travail que de tailler une seule planche dans un grand arbre, à l’aide d’écailles et de silex, lors même qu’ou a recours au feu » .
Les habitants de la Terre de Feu n’ont point de poterie, mais, comme les Indiens de l’Amérique du Nord, ils se servent de vases faits de verges de bouleau, ou plutôt d’éeoree de hêtre. Sur la côte orientale, beaucoup de naturels ont des peaux de guanaco, et sur la côte occidentale plusieurs portent des peaux de veau marin. « Chez les tribus du centre, les hommes ont généralement pour vêtement une peau de loutre ou un méchant haillon de la largeur d'un mouchoir de poche, qui n’est guère suffisant quà couvrir le dos jusqu'aux reins. Il se lace sur la poitrine, et passe d’un côté à l’autre an gré du vent (1). » Beaucoup, toutefois, même parmi les femmes, vont tout à fait sans vêtements. Pourtant , comme a soin de le remarquer le capitaine Cook, « quoiqu’ils soient satisfaits de la nudité, ils ont de grandes prétentions à l’élégance » , car ils ornent le corps de raies rouges , noires et blanches, et les deux sexes portent aux bras et aux chevilles des anneaux d’or et de coquillages. Le docteur Hooker nous apprend qu’à l’extrême sud de la Terre de Feu, il a souvent vu au milieu de l’hiver les hommes endormis dans leurs wigwams sans le moindre vêtement, tandis que les femmes, nues, et plusieurs avec des enfants sur leur sein, étaient debout dans l’eau jusqu’à micorps, occupées à recueillir des patelles et autres crustacés, pendant que la neige tombait à gros flocons sur elles et sur leurs enfants également nus. Il ne semble pas, en réalité, que le feu leur soit nécessaire, et ils ne s’en servent point pour échauffer l’air de leurs huttes, comme nous le faisons dans nos maisons, quoique, par une sorte de raffinement, ils en profitent quelquefois pour approcher de la flamme leurs mains et leurs pieds. Sans doute pourtant, s’ils étaient privés de cette source de chaleur, ils mourraient de dénûment plus fréquemment que ce n'est au-
(!) Darwin, Itecherehes sur lu géologie et l’histoire naturelle, p. 234.