CHAPITRE III
leur physionomie plus délicate et plus gentille qu'elle ne l'est en réalité. (Voir table vi^, C, 3).
Quand, à part ces rares exemples qui forment l'oligarchie du délit, on étudie la masse entière de ces malheureux, comme je l'ai fait dans les maisons de détention, on conclut que, sans avoir toujours une physionomie barbative et effrayante, ils en ont une toute particulière et presque spéciale à chaque forme de la criminalité.
Chez les violateurs (qui ne soient crétins) presque toujours l'œil est saillant, la physionomie délicate, les lèvres et les paupières volumineuses. La plupart sont grêles, blonds, rachitiques, et parfois bossus (Atlas xi, 100). Les pédérastes se distinguent souvent par une élégance féminine, par les cheveux longs et bouclés et par des habits qui conservent, même sous l'uniforme des prisons, une certaine tournure féminine. La délicatesse de la peau, l'aspect infantile, l'abondance des cheveux lisses et séparés à la mode des femmes, qui se rencontrent souvent dans ces malheureux, on les observe aussi chez les incendiaires, par 'ex. cet incendiaire de Pesaro, qu'on avait surnommé la femme, et qui en avait en effet l'aspect et les mœurs. (Voir Atlas, table vu®, fig. 2; table xi% 4, 4 (bis) et 2).
Les meurtriers, les voleurs avec effraction ont les cheveux crépus, sont déformés dans le crâne, ont de puissantes mâchoires, des zygomes énormes, et de fréquents tatouages; sont couverts de cicatrices dans la tête et dans le tronc. (Voir table v^ 5, 4, et vu®, i).
Les homicides habituels ont le regard vitreux, froid, immobile, quelquefois sanguinaire et injecté; le nez souvent aquilin, ou mieux crochu comme celui des oiseaux de proie, toujours volumineux; les mâchoires sont robustes, les oreilles longues, les pommettes larges,
SECOND li PAirriE
(voir lab. \f, 3, v^ 1, 3), les cheveux crépus abondants et foncés. Assez souvent la barbe est rare, les dents canines trcs-développées, les lèvres fines. Souvent il y a (lu nystagme et des contractions d'un côté du visage, qui montrent la saillie des dents canines comme en signe de menace. (Voir Atlas, v, 3, 4, vi, 3, 4).
Un grand nombre de faussaires et d'escrocs que j'ai pu étudier, avaient une physionomie où se peignait une bonhomie singulière, quelque chose de clérical, ce qui d'ailleurs dans leur triste carrière contribuait à inspirer la confiance à leurs victimes. J'en ai connu avec le visage pâle, des yeux hagards ou très-petits, le nez tordu, avec bien des fois une précoce perte des cheveux et la face de vieille femme; aussi étaient-ils (Marro) bien souvent des fils de vieux. (Voir table vl^ 2, 3).
En général beaucoup de criminels ont les oreilles écartées, les cheveux abondants, la barbe rare, les sinus frontaux et les mâchoires énormes, le menton carré et saillant, les pommettes larges, les gestes fréquents, en somme un type ressemblant au mongol et parfois au nègre. (Voir Allas, table vii^, 2, et xii^, 1 et 2).
L'usage assez fréquent chez nos brigands de porter des tresses, et celui des bravi de porter le ciuffo comme insigne de leur féroce métier, est dû probablement à leur splendide chevelure crépue et rebelle à toute coiffure.
Carbone et Cavaglià, dont il a été question plus haut, et dont la physionomie est si belle, n'ont pas de barbe mais des cheveux longs et abondants: c'était le cas d'Abadie. (Voir Atlas, table v^, 6, 3).
Giona la Gala a des cheveux touffus et crépus, de larges pommettes, la lèvre mince, l'œil vitreux et immobile.
Troppmann, Mabille, Ducros, avaient le front fuyant et la lèvre supérieure mince, la barbe rare, la chevelure dure, et les oreilles en anse.