‹ L'homme criminelChapitre 137 sur 315 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

les délinquants nés d'aliénés, dans celle de 7,G2 0(0, les délinquants nés d'alcooliques, dans la proportion de 41,01 0[0.

-15, — Vaso-moteurs. — Les anomalies de la sensibilité et de l'action réflexe chez les criminels doivent nécessairement être accompagnées des anomalies de l'innervation vaso-motrice. La preuve la plus simple se déduit de cette absence de rougeur qui, depuis des siècles, est considérée par le vulgaire comme l'équivalent d'une vie déshonnête et sauvage. C'est ce que nous allons étudier chez les jeunes gens, parceque comme l'a démontré Darwin, cette absence peut dépendre aussi de l'âge avancé.

Sur 59 criminels condamnés (de 19 à 26 ans), quand on les réprimandait ou quand on les dévisageait (comme nous Va enseigné Darwin), on en a trouvé 36 qui ont rougi, soit 61 0[o; 3 ont pâli, 20 ont conservé un visage inaltérable. Sur ces 36, 11 ont rougi aux joues et au front, 2 aux oreilles, 24 seulement aux joues, et encore 4 de ces derniers n'a-t-il rougi qu'à une joue.

De deux homicides par passion, un rougissait trèsvite, l'autre assez peu. L'unique fainéant et l'unique violateur examinés ne rougissaient pas.

Sur 36 voleurs nulle rougeur sur .... i Id. 6 fripons id. .... 2

Id. 13 meurtriers id. .... 7

5 voleurs (voleurs et fripons) rougissaient d'une manière exagérée et pour la moindre cause; cependant 3 d'entre eux étaient intelligents et avaient une physionomie normale, 2 même appartenaient aux classes éle-

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vées; un autre était halluciné, j-ràce peut-être à la vie cellulaire; et un mattoïde.

Sur 38 mineurs des Pénitenciers, la rougeur faisait défaut en 20, sans en compter deux qui ne rougissaient qu'incomplètement.

Des 20 qui ne rougissaient pas, 14 étaient insensibles au magnétisme, 3 avaient des réllexes tendineux exagérés, 6 n'en avaient pas.

En somme, sur 98 jeunes gens criminels, 44 0|0 ne rougissaient pas.

11 est à noter que la rougeur chez quelques-uns venait plutôt de ce qu'ils s'échauffaient en parlant, ou s'excitaient à rire, troublés qu'ils étaient par l'entrée imprévue dans leur cellule, plus que par les reproches, le souvenir de leur crime, ou le regard fixé sur eux, comme il arrive pliysiologiquement.

Sur 122 femmes examinées par moi et par le docteur Pasini, la rougeur est restée absente dans 81 0[() et précisément:

79 0(0 cliez les homicides

80 » id. empoisonneuses 82 » id. infanticides

90 « id. voleuses.

Elles ne rougissent pas au souvenir de leurs crimes, mais plutôt quand on les interroge sur leurs désordres menstruels. — Au lieu de rougir elles pâlissent: une entre autres, très intelligente, française, voleuse, avec une forme régulière du crâne et de la face, n'offrait comme caractère criminel que la pâleur.

Ici se placent quelques observations précieuses recueillies pour nous par le doct. Andronico de Messine, sur

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les prosliLuées cL les jeunes cnniinclles de la prison dont il était charge. Nous transcrivons sa letli'c:

«Parmi les prostituées inscrites, aucune ne rougit quand on l'interroge sur son honteux métier. J'en ai vu rougir quelques unes quand on leur reprochait d'user du coïle contre nature. Parmi les condamnées de la maison de détention, j'ai noté les laits suivants: Les détenues homicides racontent leur faute ingénuement cl sans rougir, celles qui ont empoisonné ou fait empoisonner leur mari rougissent, mais partiellement.

» Chez des recluses condamnées pourvoi, la rougeur se montre d'abord aux oreilles, puis au visage; chez celles qui le sont pour excitation à la prostitution , aucune rougeur n'apparaît >■>.

16. — Réaction au nilrile d'amhyle. — Pour mieux fixer le degré de cette importante réaction, j'ai essayé quelques expériences avec le nitrite d'amhyle.

Sur 19 expériences 5 fois il n'y a pas eu de réaction sur 4 voleurs (2 épileptiques) à la dose de 2 gouttes; cependant l'expérience fut répétée sur un des sujets avec S gouttes, sur un autre avec 4 gouttes, sur un troisième avec 6 gouttes et l'on obtint: chez le premier une vive rougeur, chez le second une très-légère; chez le dernier la rougeur se fit attendre 40 secondes et se circonscrivit au menton et au cou.

Vicêversa, on obtint, avec une seule goutte, une rapide et très-sensible rougeur chez un homicide par passion, lequel, à cause de la détention cellulaire, souffrait d'hallucinations; l'expérience fut répétée chez un trèsjeune voleur et chez un tout jeune domestique, fainéant et voleur, de physionomie agréable; le premier eut une

roiigoiir complète après 18", le second n'en eut qu'une très-légère; dans 2 jeunes filous on l'eut en 3".

Avec 2 gouttes on eut chez un voleur de grand chemin une rougeur retardée 50" et seulement du côté gauche de la joue. On eut une rougeur rapide avec 2 goultes sur un fripon. D'où l'on peut conclure: que la réaction vaso-motrice avec le nitritc d'amhyle chez certains criminels adultes est fréquemment relardée, et souvent moins intense qu'a l'état normal. (Une goutte produit une rougeur sensible chez 14 hommes normaux, sur 13 dans l'espace de 7 à 28 secondes, sur 2 il en fallut 2, sur 1 il en fallut 4; cette rougeur cependant se manifeste toujours en moins de 50"). Elle est intense et rapide comme normalement chez les homicides par passion et chez les criminels très-jeunes. — Dans quelques cas très-rares, l'action fut plus rapide que dans l'état normal,

17. — Sphygmographie des délinquants. — Après la découverte du plétismographe et les perfectionnements du sphygmographe dus à Mosso, qui ont tellement facilité les études sur les réactions des vaisseaux par rapport au phénomène de la pensée, il nous fallait essayer de les appliquer à l'étude psychologique du délinquant.

Nous avons pour cela choisi des individus robustes, plusieurs fois récidivistes, ayant les caractères psychiques et physiques du délinquant d'habitude; quelques uns, au contraire, parmi les normaux ou les criminels d'occasion.

Le bras gauche placé dans l'hydrosphygmographe, on fixait sur le droit les rhéophores en communication avec les bobines de Ruhmkorff, en se servant d'abord de mon système pour mesurer (voy. Lombroso, Algomelria eleltrica, 1874) le degré auquel se produisait la douleur

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cl celui où l'on avait la perception du courant. La bobine à son tour communiquait avec un signal de Desprcz. En nicmc temps, un diapason en rapport avec un courant électrique traçait sur le cylindre le temps (20 vibrations au d") de l'expérience.

Pour marquer l'excitation gaie, mon excellent assistant le D'' Cougnet construisit un diapliragme tenu suspendu par un aimant temporaire; de sorte que si l'on voulait produire l'excitation, on ouvrait le circuit en laissant découvert l'objet choisi suivant les tendances de chaque individu expérimenté, vin, cigares, aliments, argent, ligures de femmes nues.

On étudiait ensuite, d'après les travaux de Mosso et Gley, les modifications produites par les phénomènes purement psychiques; calcul, observations agréables ou •pénibles, en entretenant le criminel d'évasion, de persécution, de jugement, etc.

Il n'y eut presque pas de réaction vasculaire sur quelques-uns, par exemple:

a) Ausano, prognate, tatoué, front fuyant, né de parents ivrognes et névropalhiques, voleur consommé depuis l'enfance, ne réagit jamais, ni au son de la musique, ni à la décharge d'un pistolet, ni sous l'impression de choses pénibles, ni sous l'influence du calcul; seul le vin produit sur lui une légère élévation de 18 pulsations.

b) Aie..., voleur riche qui présentait une analgésie et une anesthésie complètes, n'offre jamais de réaction au courant électrique le plus douloureux, ni à la musique.

c) Rafallo, 26 ans, physionomie régulière, l'irc facile, inventeur d'un procédé nouveau pour laver le verre, parle l'argot, avoue qu'il vole pour se procurer

TROISIÈME PAhTIE

l'argenl nécessaire à une grande spéculation; c'est en somme un délinquant récidiviste d'occasion.

La photograpiiie d'une femme nue ne produit même en lui aucune réaction la première fois, à la seconde fois on constate une légère descente de 12 pulsations; les pulsations deviennent irrégulières et il y a augmentation d'une pulsation avec anacrotique plus brève, à la quatrième, et catacrotique horizontale, avec apex moins prononcées.

-Vvec le courant douloureux aucune variation de la ligne, pourtant on a un soulèvement de l'anacrotiqtie , qui est presque vertical, et la catacrotique devient oblique et présente deux pointes. Et on a l'augmentation d'une pulsation.

d) Galmano, 40 ans, physionomie normale, alcoolique, parricide, depuis quelques années repentant, sur une série de 30 tracés, où le pouls se dessinait cependant d'une façon très-claire, n'offre aucun phénomène à la douleur d'un courant de 30, de 20 minutes, pas môme 0 déviation très-claire de la ligne. Une fois il offre une réaction a la vue du vin, avec élévation de 7 pulsations et avec une léger abaissement du pouls, ligne catacrotique plus oblique. Une impression pénibio (souvenir de son lils tué) seule, produit l'ascension de la ligne, mais seulement de la 4® à la 8*^ pulsation qui ne varie pas dans la forme.

Une autre fois seulement la même émotion produisit chez lui, à la 7^, un abaissement qui dura jusqu'à la fin de la 24^ pulsation.

e) Comino, voleur et récidiviste, à type criminel-né, 17 ans, n'offre aucune réaction à la vue d'un couteau, à la douleur électrique la plus intense, i\ la vue d'une

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