‹ L'homme criminelChapitre 145 sur 315 · CHAPITRE TI · texte numérisé non relu

CHAPITRE TI

parésiques ou monomanes, sont plus sujets au mancinisme sensoriel; MM. Amadei et ïonnini l'ont observé aussi bien que moi (1). Les observations du docteur Danillo prouvent que la prévalence en eux du cerveau gauche n'est pas considérable, quoiqu'on dise M. Luys, qui ne s'appuie que sur trois cas (1. c). De nouvelles recherches laites par le doct. Amadei sur 52 crânes de fous prouvent qu'il y avait en eux prévalence de plagiocéphalie, à droite, dans 29, à gauche, dans 71 0[0. — La conclusion est donc bien nette: si, dans la prévaîence du côté droit, le fou l'emporte sur l'homme normal, il le cède de beaucoup au criminel. Et cela s'accorde avec la rareté du mancinisme musculaire.

On remarque dans les fous, ainsi que dans les criminels, l'absence de réaction vasomotoire à l'hydrosphygmographe. (V. Archivio di psich.,. t. v, fasc. ii).

D'autre part, on voit deux fois plus de criminels que de fous incapables de rougir; cela résulte des études faites à ma prière par MM. Amadei, Tonnini etBergesio (Archivio, t. v., fasc. i). Pour constater un fait analogue, il faut descendre jusqu'aux idiots de la dernière catégorie (Browne) et aux peuplades sauvages les plus grossières (2).

(1) "Vingt sujets ayant été examinés au point de vue de la sensibilité tactile et physique, on a relevé le mancinisme sensoriel dans 16-9 sur

10 m., 7 sur 10 f.; 4 d'entre eux étaient affectés de paranoïa, 2 d'imb'îcillité, 2 de manies périodiques.

(2) La rougeur a manqué dans 16 fous m. sur 73, et dans 15 sur Sfî f.

11 en a été de même dans 2 fous moraux sur 10, dans 5 maniaques sur 12, dans 8 hypocondriaques sur 12, dans- 12 pellagres sur 20, dans 4 monomanes sur 30. On a vu rougir tous les faibles d'esprit, alcooliques, déments, paralytiques; ces derniers plus que tous les autres (Tonnini).

Darwin nous a l'ail connaître la façon de rougir des nègres albinos et des mulâtres, des Lekkas et des Chinois, des Aymaras et des Polynésiens. Il convient que les Chinois et les Malais rougissent peu, les Hindous rarement, de même que les Américains du sud, dont les Espagnols avaient coutume de dire: Comment se fier â des homyiies qui ne savent pas rougir? Martius a )cmarqué, de son côté, que les aborigènes du Brésil n'y sont sujets qu'après un long contact avec les blancs.

Quant à l'analgésie et à la disvulnérabilité des sauvages, •c'est une chose déjà connue. Récemment M. Nerazzini nous écrivait avoir vu des Denka blessés, avec l'ouverture de l'articulation de l'épaule, marcher à pied 40 kilomètres sous le soleil de l'Alrique, sans avoir pas même de fièvre; il a vu des Gallas désarticulés à la main cdroite marcher avec l'armée ennemie comme guides.

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