CHAPITRE V
Sentiments et passions chez les criminels.
1. — Sentiments. — Ce serait une grave erreur que de -supposer tous les sentiments éteints chez les criminels; beaucoup ont certainement disparu, plusieurs paraissent survivre. Troppmann après avoir massacré une famille entière, pleurait en entendant nommer sa mère. Ce fut un amour incestueux pour sa sœur qui poussa Martinati à égorger sa femme. Bezzati aimait sa femme et ses enfants; Fiesclii avait de l'affection pour sa maîtresse et pour son avocat Lacliaud. La Sola qui n'aimait, disait-elle, ses enfants pas plus que des chats, et qui fît assassiner son amant, avait un penchant pour .sa complice Azzario et accomplissait des œuvres de vraie charité, passant, par exemple, des nuits entières au chevet des moribonds. Lacenaire, le jour où il tua la Chardon, exposait sa propre vie pour sauver un chat qui allait être précipité d'un toit {Mémoires de Claude, xxi), et épargnait Scribe qui l'avait secouru. Les Bohémiens, ces vrais criminels-nés, escrocs, etc., sont très-attachés à leur famille; et leurs femmes, dans certaines contrées (non dans l'Inde), ont un sentiment le-marquable de la pudeur. « La lacki (la virginité) est le' bien le plus précieux que tu possèdes... maintenant vai voler, 3> disent les mères à leurs filles. La Noël, par amour pour son fils, qui était au bagne, s'était faite,,