CHAPITRE V
bock, sont dominés par des passions rapides, mais violentes; ils ont le caractère de l'enfant avec les passions et la force de l'homme.
Chez eux, la vengeance est encore considérée comme un droit, je dirai même comme un devoir. Nous n'en trouvons que trop d'exemples chez des peuples qui nous tiennent de bien près. (V. l** partie, p. 60 et suiv.).
Ils ont aussi à un très-haut degré la rage du jeu , bien qu'ils ne soient pas fort cupides. Tacite raconte que les Germains, après avoir joué aux dés tout leur avoir, finissaient par se jouer eux-mêmes , et que le vaincu, fût-il plus jeune et plus fort que son adversaire, se laissait charger de fers et mettre en vente hors de sa tribu. Vous voyez en Chine des malheureux qui n'hésitent pas à jouer leur dernier habit au plus fort de l'hiver, quittes à mourir ensuite de froid; quand ils n'ont plus rien , il en est qui jouent leur propre corps. Les Huns, selon saint Ambroise, exposaient comme enjeux non seulement leurs armes et leur personne, mais encore leur vie. Chez les sauvages aussi , on rencontre la lâcheté mêlée au courage, ou même à l'insensibilité, qui le rappelle et en tient lieu. Chez eux encore, la luxure se mêle à l'amour du sang, et l'amour est toute luxure. Aux îles Andaman, les époux restent unis tant que l'enfant a besoin du sein de sa mère; après qu'il est sevré, ils se séparent et cherchent d'autres amours.
Enfin, chez les sauvages, les liqueurs alcooliques, à peines introduites, ont eu le résultat funeste de détruire des races entières, même dans les climats chauds, sous des latitudes qui préservent d'un tel fléau les peuples civilisés (1). Bien plus, les peuples à qui la vie
(1) Lrtourneau, Médecine des passions, trad. ital., Milan, 1880.
sauvage ou les préceptes de la religion ont interdit l'usage des liqueurs enivrantes, y suppléent par d'autres moyens bizarres (mouvements de la tête de haut en bas et de droite à gauche), qui malheureusement produisent le même efFet.
La paresse est encore un des caractères propres du sauvage. Les habitants de la Nouvelle-Calédonie répugnent à toute occupation. « Souffrir pour souffrir, disentils, mieux vaut mourir que travailler». (Bourgarel, Les races de VOcéanie, 1879). Ils répètent ainsi, presqu'à la lettre, la confession de Lemaire.