‹ L'homme criminelChapitre 22 sur 315 · HOMICIDE · texte numérisé non relu

HOMICIDE

1. — Avortement. — ■ L'accroissement excessif de la population, comparativement aux moyens naturels de subsistance, est, dans la vie sauvage, un péril continuel. Cela nous explique la plupart des homicides qui, chez les peuples primitifs, non seulement se commettent avec impunité, mais encore sont ordonnés souvent par la morale et la religion, et fournissent un titre de gloire,

L'avortement prémédité, inconnu aux animaux, est très-commun chez les sauvages; il faut arriver jusqu'au Zend-Avesta, pour trouver les premières prohibitions à cet égard.

Chez les Tasmaniens, les femmes ne consentent à devenir mères qu'après plusieurs années de mariage; pour conserver leur fraîcheur, elles tentent ou provoquent l'avortement en se frappant à coups redoublés sur le ventre. Il en est de même dans la Nouvelle-Calédonie.

L'avortement est fort usité en Amérique, à la baie d'Hudson et dans le bassin de l'Orénoque. A la Plata, les Payaguas font avorter leurs femmes dès qu'elles ont eu leur deuxième enfant; ainsi font encore lesMbayas, leurs voisins. Chez les Papous, les femmes meurent jeunes, par suite de l'usage général de se faire avorter après le premier ou le deuxième enfant.

(1) V. Feeri, (SulV OmicidioJ, et Letourneau, ^Socto^or^te, p. 145, 132, e seqq.). — Ploss, (Das Weib, i, 1884).

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