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CHAPITRE X

X Mauvais: trop pauvres. -Ç Marche par ici.

(■ Très-bonnes gents. © Gens très-religieux.

I I Méfie-toi du chien. © Un mois de prison t'attend.

Dans la haute Italie, après de longues recherches dans plus de !2000 inscriptions de malfaiteurs, je n'ai trouvé en usage que trois de ces signes:

Fig. 7. Fig. 8.

Le premier (fig. 7), pour indiquer le vol à la lire, est une allusion au jargon forcolina (fourchette), d'où ensuite, par apocope forlin , coupeur de bourses.

La figure 8 est le signe du voleur. — Un troisième est un fleuret traversé par une spirale pour signifier un vol.

A Naples et en Sicile, où les associations des malfaiteurs sont bien plus enracinés, j'ai trouvé un grand nombre de vrais hiéroglyphes degraphiques.

Ainsi les prostituées on les désigne par un sabot, ou par une souris, allusion à la grande abondance de tous les deux dans les bas caves de Naples.

Le poison est indiqué par un serpent; la prison par une cage; le brigand par une ceinture avec poignard; Vescroquerie par une carte à jouer.

Un chat pendu signifie un vol sûr; un drapeau à trois couleurs le Procureur du Roi; un fer à cheval le médecin (allusion, hélas, bien peu honorable au maréchal ferrant); un gardien-chef esl représenté par une tête avec toute la barbe; un sous-chef par la moitié inférieure du visage; un gardien par la moitié supérieure.

Un vol en campagne on l'indique avec une grappe de raisin; un vol heureux avec une étoile ou une rose; un vol qualifié par des ciseaux; un vol en général par une clé, ainsi qu'en allemand; l'appropriation illicite par un poing.

On pose le question « Combien de mois ou d'années lu as attrapé » avec une oreille; et la réponse est faite par un nombre de petits cercles ou boucles accrochées à l'oreille même, pour les mois, mais s'il s'agit d'années, par un carré au milieu du quel on inscrit le nombre, ou encore par une casquette (berella), qui, en argot, est synonime d'année.

La ville on l'indique par une cloche; le revolver ave: une souricière; le marchand de vin avec un petit buisson; un juge avec un scorpion; la liberté avec un coq; le n° 5 avec une main; le 100 = une jambe; le 50 — la moitié d'une jambe.

.De même que pour l'argot, beaucoup de ces signes changent de contrée en contrée; ainsi l'œil signifie mouchard dans l'Italie centrale, et pouvoir dans le midi et cela par allusion à la puissance fascinatrice du mauvais œil. L'évasion, tantôt on l'indique avec un oiseau, tantôt avec un cheval, tantôt avec un revolver en décharge.

Ces hiéroglyphes sont doublement atavistiques; car bien des fois, (comme Varton, le cuba de l'argot) ils reproduisent des signes en usage chez des peuples anciens (1); et toujours ils ont le point de départ dans le

(1) Dans le Moj'cu-Age les savants usaient le grimoire, une vraie écriture hiéroglyphique, ou le iwison signifiait la mer; la masque =la comédie, etc. (Popei.in, Introd. à la lecture de Z'Hy puerotomachic, 1884, Paris).

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