‹ L'homme criminelChapitre 277 sur 315 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

développement de l'hémisphère droit; c'est ainsi que sur 51 plagiocéphalies du crâne, j'en ai remarqué 13 à droite.

Tonnini, Blanchi et Zuccarelli ont démontré chez les épileptiques une latéralité, une asymétrie non seulement delà face, mais aussi du thorax, ainsi que nous nous l'avons remarqué, dans les criminels, avec une prépondérance du 50 0(0 à droite et du 40 0|Q à gauche. — Tonnini a observé aussi, dans la température des deux <:ôtés , une différence de 0°,2 à 0°,A chez 9 sur 12. On peut n dire autant des réflexes vasculaires, différents des deux côtés chez 5 sur 12, et de la dilatation pupillaire inégale pour 5 sur 12, et de la sensibilité à la douleur différente thez 7 sur 12, et même de la sécrétion de la sueur.

C'est cette latéralité manifeste et générale, qui" fait croire à Tonnini qu'une des causes de l'épilepsie réside dans la disproportion exagérée entre les deux hémisphères, disproportion que nous avons constaté, à un plus petit degré, chez les criminels, et qui se relie, aussi, ■au mancinisme Ç^. s.).

J'ai trouvé le mancinisme 18 fois sur 176 épileptiques, «t chez 9 j'ai observé l'ambidexlrisme : ces proportions ne sont pas égales à celles des criminels, mais elles n'en restent pas moins supérieures aux normaux. Un autre fait m'a frappé, qui s'enchaîne avec celui-ci; ■c'est que la plupart dos hémiplégies épileptiques 10 sur ^5, le sont du côté droit. Marro vient de faire la même bservation sur 500 criminels (1).

5. — Molililé. — Sur 58 épileptiques j'en ai pu noter d'une adresse exti'aordinaire: un élait acrobate; un

(1) I caratteri dei criminaU, Tiii-in 1887. (Ilibl. antropologico-criniincllc, 1" sévie, vol. m).

autre très-habile cocher; un troisième savait glisser adroitement des fenêtres et des barreaux, de sorte qu'il s'évada plusieurs fois; nous remarquâmes la même chose chez les fous moraux et dans les criminels.

Réflexes tendineux. — Bewoor avait déjà remarqué, que sur 70 épileptiques, après la période clonique, 14 avaient les réflexes rotuliens abolis ou diminués et 7 seulement augmentés.

Cividalli, trouva exagérés les réflexes (du genou) dans le 41 Oio ; Tonnini dans le 32 Oiq et moi dans 85 0[0 : et toutà-fait abolis ou affaiblis, moi, dans le 11 0|o; Tonnini dans le 16 OfQ. C'est à peu près comme chez les criminels.

Sur 12 examinés, Tonnini constata, pour 6, bien tardive la réaction vasale qui était au contraire très-prompte dans les autres 6. — Venturi constata la même chose.

Pupille. — Musso observa dans le 22 0[0 de ses épileptiques l'inégalité de la pupille plus fréquente dans les formes psychiques, et dans les moments qui précèdent la crise.

Il remarqua, lui aussi, le réflexe pupillaire retardéchez plusieurs, et souvent plus prompt après la crise.

6. — Psychologie. — Mais c'est surtout dans l'étude psychologique des épileptiques qu'on peut démontrer leur identité avec les criminels.

La première preuve en est donnée par la psycométrie.

Sur ma prière, M. Tanzi (Archivio di Psichialria, vol. vu, 2) étudia 13 épileptiques comparés avec 13 normaux : et trouva un retard dans les premiers à l'égard des derniers comme de 3:2; ou plus précisément comme 200 0[o; avec oscillations moyennes de 0",024 pour 0",011. Sur 320 cas, Algeri et Tonnini en firent autant. — (Pour les criminels voir page 424.).

Page 1