CHAPITRE XIV
La perte de la connaissance, selon TIamraond, ne diffère pas des autres symptômes; la conscience, aussi, garde un substrat anatomique déterminé; quand celuici est frappé, elle se manifeste; autrement non.
En effet, avec de faibles courants appliqués par Rossembach sur les centres psycomoteurs, on détermine une épilepsie partielle, qui se transforme ensuite en accès épileptique complet, en gagnant les autres groupes musculaires: tandis que avec un courant très-énergique, qui va des centres psycomoteurs aux zones non excitables, on a, tout de suite, un accès épileptique complet.
Pour ce qui est de la conscience, il peut se manifester des convulsions sans perte de connaissance, et sans altération de l'excitabilité de l'écorce, convulsions limitées à une extrémité ou à une moitié du corps, produites par l'excitation immédiate mais faible des centres psycomoteurs.
Ainsi, par l'excitation du même centre cortical, on peut avoir les formes les plus diverses d'épilepsie.
Nous aurons donc la forme convulsive s'il y a décharge de la zone motrice , épileptogène ; impulsivité criminelle ou vertiges quand l'irritation et la décharge se bornent aux circonvolutions frontales.
Et cela d'autant plus, depuis que Gharcot et Pitres ont démontré que les affections corticales qui engendrent l'épilepsie, ont une topographie bien peu déterminée, l'irritation d'une aire pouvant se déplacer et ,se propager dans les voisines (Revue de médecine, 1883; ' ), 6, 8).
Les phénomènes de Vaura épileptique n'excluent pas, lais confirment la localisation cérébrale de l'épilepsie: [et, comme dit bien Rossembach, ils ont l'empreinte
d'une pi'ojeclion excentrique des excitalions des centres sensoriels; et par le fait ils sont presque toujours du domaine des sens.
Ajoutez à cela, que, souvent, Vaura n'est qu'une hallucination compliquée, ou un symptôme psychique, par ex., anxiété, impulsion ; et qu'on a une aura sensorielle même dans le petit mal, selon Gowers 55 0|0. Vaura motrice, comme l'inflexion d'un ou plus doigts, peut très-bien s'expliquer, aussi, par une excitation limitée du centre cortical psyco moteur.
Il est bon, ici, de remarquer que la difl'érence anatomique plus saillante entre les épileptiques et les criminels complète ces recherches; c'est-à-dire, la microcéphalie frontale, qui est très-fréquente chez les criminels, dans lesquels nous trouvâmes aussi une infériorité quadruple de la demi-circonférence crânique antérieure par rapport aux normaux, et une infériorité de 95 à iOO du diamètre frontal minime et une majorité de fronts plus bas et plus étroits (1), et dans lesquels nous avons remarqué d'abord l'aplatissement de la région frontale, ensuite la sclérose de l'os, et des sinus frontaux. Tout cela ne se trouvant pas avec autant de fréquence dans les épileptiques convulsifs, on s'explique pourquoi chez ceux-ci plus que chez les autres (dans lesquels prévalent les anomalies des circonvolutions pariétales et des pariétales ascendantes) se réitèrent les accès criminels, dans lesquels on constate toujours le défaut, ou de con-
(1) Récemment Marro, daus son beau livre Les caractères des criminels, nota :
Sur 119 criminels, fronts étroits 86 0[0 bas 41 0[o Id. id. id. larges 13 » hauts 58 >• Id. normaux id. étroits 59 > bas 15 » Id. id. id. larges 41 » liants 84 »