CHAPITRE XIV
Et pour la fréquence de la méningite, nous rappelons ue Flesch l'observa sur 50 0[0; des criminels les plus élèbres, Lemaire, Bénoist, Momble, Seger, Greemen, Guiteau, Granier, Faella, l'ont jusqu'ici présentée; Lasègue, il y a bien des années, observa certaines méningites qui se manifestèrent dès l'enfance, disparurent après, pour éclater soudain dans l'âge mûre sous la forme de perversité et d'actes impulsifs.
On objectera que les causes morales sont bien plus nombreuses dans l'épilepsie proprement dite que dans la folie morale y et qu'elles sont même d'une nature différente, car les chagrins prévalent plutôt en celle-ci, tandis que dans l'épilepsie c'est la peur qui l'emporte. — C'est vrai; et ayant même consulté à ce propos le savant qui fit de la peur son étude spéciale, le professeur Mosso, il me répondit ainsi:
« Je crois qu'il n'y a pas d'émotion qui produise, » comme la peur, une contraction aussi forte des vais- » seaux sanguins.
» Les effets de la peur sont très-graves, par son action » subite et par la grande quantité d'énergie nerveuse » qu'elle anéantit; elle est toujours suivie d'une dépres- » sion et d'un épuisement supérieurs à tout autre fait » psychique.
» Les troubles de nutrition des centres nerveux sont » les premières conditions morbides de l'origine de l'é- » pilepsie.
> La douleur, les actions morales qui envahissent peu » à peu le système nerveux, n'ont pas de conséquences » aussi graves parceque dans ce cas les nerfs, irrités » par une excitation électrique ou mécanique, ne réa- )) gissenl pas avec une contraction ».
» Plus la cause est aigûe, plus l'effet sera rapide et immédiat ».
L'hérédité directe de l'épilepsie, trouvée dans 10 sur 68 par Herpin, dans 408 sur 1113 par Gowers, dans 12 0(0 par Reynolds, dans 33 sur 300 par Delasiauve, dans 11 0[0 par Siewcking, dans 21 sur 171 par Haramond, n'aurait pas ici d'importance sauf pour les cas, non rares, de fous moraux et de criminels avec parents épileptiques (selon Virgilio 14 0[o).
Knecht, étudiant récemment 400 de ses criminels, en trouva 60 avec parents épileptiques (15 0[o), et parmi ces derniers, 24 fois l'était la mère, 14 le père, 17 les frères. — Seulement 5 de ces 60 étaient épileptiques, et 3 sur 42 avaient très-saillanls les caractères dégénératifs (Allg. Zeitz. f. Psych., 37, 40).
Les Césars descendent d'un épileptique.
Opinions des aliénistes. — Du reste, tout cela n'est pas aussi nouveau, dans le monde scientifique, qu'on pourrait le croire. En effet ces idées, si elles ne furent pas claires, furent, au moins, soupçonnées, et je dirai pressenties et affirmées de nos aliénistes les plus savants. « Souvent les hommes privés de sens moral sont des épileptiques ou des idiots » écrit Mausdley (Mental science, 1882). Krafft-Ebing (Lehrh. der Gericht. psijch., 1882, p. 248), après avoir dit « que les fous moraux dérivent souvent d'épileptiques ou de alcooliques, ou de fous, énumère encore, parmi leurs caractères la fréquence très-grande de symptômes épileptiques en plus d'autres anomalies, » et, parlant de l'épilepsie, il écrit:
« L'énorme fugacité et la fréquence des phénomènes psycopathiques, la facilité toujours plus grande qu'un acte criminel, soit accompli sous l'empire d'un accès épileptique vertigineux, ou dans l'état crépusculaire de