CHAPITRE XIV
l'épilepsie, donne à penser que beaucoup de crimes ne sont, peut-être, que des phénomènes épileptiques mal jugés )).
Gaustner (Das impulsive Irresein, Tubinga, 1882), et avant lui Schûle dans son Handbuch der Geisteskrankheiten, 1878, parlant des impulsifs, pyromanes, dypsomanes et cleptomanes, réunirent ces formes au procès de l'épilepsie psychique, grâce aux accès intermittents, à la transformation directe de la cléptomanie en manie épileptique, à l'amnésie fréquente, à l'inconscience et soudaineté des accès, à l'anxiété précordiale, avec douleurs de tête et d'estomac, à la durée, tantôt brève, tantôt prolongée, mais toujours irrompue par périodes; à l'analogie typique entre les actes, à la fréquence des conditions hypérémiques du cerveau qui les précèdent, ainsi qu'à la présence de vraies aura de sang, de flammes hallucinatoires, et à leur transformation en accès de fureur périodique.
Et déjà, depuis le 1867, Griesinger avait étendu le cadre de l'épilepsie, en faisant entrer sous le nom d'état épileptique certaines névroses périodiques , avec hallucinations instantanées ou perte de la conscience, ou lourdeur de la tête, ou douleurs qui découlaient de la tête jusqu'aux pieds, pourvu que dans un temps plus ou moins ancien ils fussent dévancés par des amnésies, des vertiges, des palpitations de cœur et des coups dans la tête, ou par l'abus des alcooliques, surtout dans l'adoléscence et dans l'âge mûr.
Il y a peu de temps que Cividalli et Amato, Reich (Das épilepsismus, 1886) Frigerio et Tonnini, non seulement épousèrent mes idées, mais ils les appuyèrent, comme nous avons vu, par un nombre imposant de nouveaux faits. Tonnini, surtout, allant plus loin que les autres,
admet et démontre que l'épilepsie provoquée par les altérations de tous ou de certains centres corticaux, présente cinq variétés particulières:
« 1° L'épilepsie à forme motrice convulsive, qui est très-rare et qu'on peut observer dans des sujets de bon caractère, mais d'une grande émotivité;
» 2° L'épilepsie psychique qui est fréquente chez le fou moral ou criminel-né, avec des lésions spéciales dans les lobes frontaux ;
)> 3° L'épilepsie sensorielle dans laquelle prédominent les hallucinations terrifiantes et impulsives et dont sont affectés beaucoup de ces fous périodiques, de ces monomanes, qui bons et dociles toute la vie, sont tout-àcoup poussés aux meurtres, aux incendies, parles voix impérieuses, etc.;
> 4° L'épilepsie complète avec altération motrice, sensorielle et psychique;
» 5° L'épilepsie mixte, tantôt psycho-sensorielle avec ces impulsions hallucinatoires, tantôt raotorio-sensorielle, tantôt psycomotrice ».
Toutes ces cinq variétés, exception faite des cas où elles sont motivées par des causes traumatiques, ont des caractères de famille, l'asymétrie, p. ex., le latéralisme, l'obtusité sensorielle (Epilepsie, 4886).
viEt, ajoute-t-il, si on est parvenu de nos jours, non seulement à fondre l'épilepsie partielle avec la générale mais à regarder comme des phénomènes épileptiques des barres épigastriques , des céphalées, des scialorrées intermittentes, pourvu qu'elles soient précédées d'un aura, quelles difficultés peut-on avancer pour admettre la folie morale dans la famille de l'épilepsie ?
» S'il y avait eu dans ces cas des difficultés, c'était alors que nos aïeuls reconnurent dans l'épilepsie larvée une