‹ L'homme criminelChapitre 93 sur 315 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Et pourtant, nous l'avons vu, ils n'offrent presque jamais, même aux spécialistes, les symptômes qui accompagnent ordinairement ces grandes anomalies.

Les observations de Soltmann sur le développement et la multiplication graduelle des centres moteurs de la substance corticale, nous montre comment il peut se faire que le cerveau d'un homme puisse être si profondément altéré pendant que dans le cours de sa vie il n'a jamais manifesté de symptômes de maladie; d'après des expériences faites sur des chiens, des lapins, nouveâux-nés, il résulte qu'immédiatement après la naissance, il n'existe aucun point de la substance grise corticale dont l'excitation électrique soit capable de déterminer un mouvement. Mais les centres se développent et se distinguent peu à peu , suivant les divers groupes musculaires, seulement dans les premiers i6 jours. Le défaut de ces centres dans les premières périodes de la vie, nous explique souvent, à ce moment là, comment les maladies cérébrales peuvent rester latentes; si, en effet, il arrive un temps d'arrêt dans le développement d'une région des hémisphères cérébraux, la multiplication des centres régulateurs des diverses fonctions ne peut plus se produire; mais comme dans la vie fœtale, et dans les premières périodes de la vie extra-utérine, quelques centres, un seul même, peut remplir les fonctions de tous, le travail psychologique moins divisé demeure imparfait, et c'est ainsi que le procès pathologique reste latent.

SECONDE PARTIE

ANATOMIE PATHOLOGIQUli DU CŒUU , DU FOIE, ETC.

1. — Flesch nous a révélé un autre fait jusqu'à ce jour inconnu : les altérations splanchnologiques très-fréquentes des criminels parmi lesquelles quelques unes sont congénitales. En effet, sur 50 autopsies:

20 p. 0[{) présentèrent des affections du cœur si graves qu'elles furent la cause directe de la mort, et en calculant les affections accidentelles du péricarde et de l'endocarde la mortalité fut de 50 p. 0[o;

Sur 54', 5 présentaient le trou de Botal ouvert;

3 avaient un rétrécissement des vaisseaux avec épaissement des valvules aortiques;

1 présentait une dilatation des grands vaisseaux avec traces de lésions méningitiques ;

39 sur 5 présentaient des anomalies dans l'endocarde et dans les valvules ; et enfin 23 sur 27 une artérite chronique avec dégénérescence athéromateuse, etc.

Il est important de fixer l'attention sur les altérations congénitales des vaisseaux et sur les affections du cœur; car dans toutes ces affections, les criminels sembleraient dépasser, ou suivre de bien près les fous.

En comparant les chiffres établis par Hagen, sur ces lésions chez les fous et les normaux, avec ceux constatés par Flesch chez les criminels, nous trouvons:

CHAriTRE II

Honnêtes

Fous

Criminels

HvnfrtroDhie du. cœur . . 16,0 Oin

11 OlO

Atrophie du cœur .... 1,2 »

Dégénérescence graisseuse . 3,6 »

Insuffisance valvulaire . . 3,1 »

Adhérence péricardique . . 2,1 »

Affections du cœur, en général 25,0 «

ce qui démontre chez les criminels une curieuse supériorité d'insuffisances valvulaires et d'atrophies cardiaques, et une plus grande analogie avec les fous qu'avec les sains dans l'adiposis et dans l'hypertrophie du cœur. Toutes ces analogies ont une grande importance.

Hagen a expliqué déjà un cas d'idiotisme provenant de la petitesse extraordinaire du cœur (Stat. Untersuch., 1873), et signala, comme le fait Mildner lui-même, les nombi^eux cas de suicide chez les cardiopathes, particulièrement chez ceux qui sont atteints d'insuffisance mitrale.

Richter Bildungs anomalien hei Geisteskranken , 1881) trouva sur 200 fous 4 qui présentaient l'insuffisance de la mitrale, 1 une sténose de l'aorte.

Mendel a constaté récemment que les affections cardiaques se produisent chez les maniaques dans les proportions de 3,4 a 14 p. 0[0, et de 5,5 chez les déments. (Die Manie, 1881).

Witkowski a signalé chez les cardiopathes l'orgueil, l'égoïsme, l'inquiétude, la tendance à des actes impétueux et des manifestations violentes contre eux-mêmes et contre les autres, particulièremeut chez ceux qui étaient atteints d'hypertrophie ventriculaire. (Schule, Geisteskrank., 1880).

D'Astros (Et. sur l'état mental des cardiaques, Paris, 1881) d'après une étude de 39 cas, a conclu que les cardiaques en général, sont de caractère difficile, et

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