‹ L'homme d'oraison (volume 2)Chapitre 107 sur 144 · II. COnSiDËRATION · texte numérisé non relu

II. COnSiDËRATION

Cette réponse paraît d'abord fort étrange : quand on nous dit que Jésus-Christ, dans sa divine Eucharistie, s'est donné à nous sans réserve avec tous les rayons de sa gloire, toutes les tendresses de son cœur et toutes les richesses de sa grâce, nous avons droit de répondre : C'est qu'il nous aime; car l'amour est prodigue. Quand on nous dit qu'il pleura sur nos misères , et qu'il ne s'est pas contenté de verser des ruisseaux de lar-. mes , mais qu'il a voulu répandre des torrents de sang pour les noyer, nous pouvons faire la même réponse : C'est qu'il nous aime ; car l'amour est plein de dou-

(1) Dura ticut iofernus %mulaiio. Cent. 8.0.

ceur. Quand on nous montre les plaies qu'il a reçues sur le Calvaire , et qu'on nous dit qu'il a porté sur son corps le fardeau de nos péchés, nous pouvons encore repartir: C'est qu'il nous aime ; car l'amour est généreux, il souffre tout p;ir son courage , pour celui qu'il aime , comme il lui donne tout par sa libéralité. Mais quand nous demandons d'où vient qu'il punit s'i sévèrement les plus légères offenses, et qu'il tourmente sans pilié les <1mes du purgatoire, qui ne trouverait étrange qu'on nous réponde : C'est qu'il les aime? cependant rien n'est plus véritable. Ce traitement, qui parait si rigoureux, est un effet de son amour.

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