I. CONSIDÉRATION
Il ne faut pas s'étonner si le feu du purgatoire est si violent et si ardent, c'est le zèle du Fils de Dieu qui rallume. Comme il nous aime infiniment , il est aussi infiniment jaloux de la pureté de nos âmes. C'est pourquoi il ç§t tout f<Mi , quand il est question de les purifier et d'en effacer les taches. Dans l'enfer il allume le feu qui dévoie les réprouvés , par le souffle de sa colère. La \ allée deTophelb, qui est la figure de l'enfer, a été préparée de toute éternité, dit le prophète Isaïe , le roi Ta préparée : elle est profonde, et d'une grande étendue. Un grand bûcher allumé lui sert de nourriture, et le souffle du Seigneur est comme un torrent de soufre qui l'embrase (1).
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230 l'homme d'ormson.
fie les justes par le souffle de son amour : le Saint-Esprit, qui est îe souffle du Père et du Fils , est l'auteur de leur peine, qui doit être sans doute très-rigoureuse, puisqu'elle vient d'un amour dont le zèle est dur comme V enfer (1). En effet , le Saint-Esprit est l'amour subsislant de la vertu, et, par une suite nécessaire, la haira* subsistante du vice , qui n'a rien plus à cœur que de détruire le péché. Son premier dessein est de le détruire par nous : c'est lui qui a mis des paroles de feu dans la bouche des prophètes et des apôtres, pour le décrier ; c'est lui qui en inspire l'horreur aux bonnes âmes, et qui les porte incessamment à le persécuter partout avec une haine irréconciliable ; c'est lui qui anime les pécheurs à la vengeance de leurs crimes, et qui leur donne de vifs mouvements de pénitence. Mais si nous répondons lâchement à ses inspirations, si nous demeurons redevables à sa justice , s'il trouve en nous la moindre tache et la moindre cicatrice, il allume le feu du purgatoire, pour brûler impitoyablement tout ce qu'il rencontre dans l'âme, qui ternit tant soit peu sa beauté, etlui faitsouffrirun tourment incompréhensible. Pourquoi? parce qu'il l'aime.