‹ L'homme d'oraison (volume 2)Chapitre 111 sur 144 · I. CONSIDÉRATION · texte numérisé non relu

I. CONSIDÉRATION

On ne peut assez admirer la bonté que Jésus-Christ exerce envers les morts, et le soin qu'il se donne pour procurer leur délivrance. Car premièrement il emploie les prières publiques et particulières de ses plus fidèles serviteurs. L'expérience nous montre que c'est la pratique de toute l'Église, et les Pères concluent de là que cette pratique est la tradition apostolique, parce quelle est générale et universelle. Tous les saints l'ont observée de temps immémorial , et nous l'ont transmise de main en maio (1). « L'Église catholique , dit Je concile » de Trente, instruite par le Saint- Esprit , ayant toujours

(1) Saerificium pro fidelium defunctofum requie afferre, vel pro eisorare, quia per lotum orbem hoc custoditur, credimus quôd a!» ipsis Apostolis Iraditum. Isidorus, t. 2. de O/ficiis ecclesiasticis, c. 18. Eadem verba habet Rabanus Maurus} l. 2. de Institut* Cieric, <?, 44.

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» enseigné suivant les saintes Écritures et la doctrine

* ancienne des Pères, el dans les saints conciles pi é-

* cédents,et depuis peu encore dans ce concile géné- » ra\ qu'il y a un purgatoire, et que les âmes qui y sont » détenues, sont soulagées par les suffrages des fidèles, » et particulièrement par le sacrifice de l'autel; le saint » concile ordonne aux évoques qu'ils aient un soin » particulier que la foi et la créance des fidèles , tou- » chant le purgatoire, soit conforme à la sainte doctrine » qui nous a été donnée par les saints conciles, et » qu'elle leur soit partout prêchée et enseignée de la » sorte.... fqu'ils tiennent la main à ce que les suflïa- » ges des fidèles , comme les messes , les prières , les

* aumônes , et les autres œuvres de piété , que les fi- » dèlesqui sont encore en ; cette vie ont accoutumé » d'offrir pour les fidèles défunts , soient faites et ac- » compiles avec piété et dévotion selon l'usatre de » l'Eglise (1) »

II) Cùm calholica Ecclcsla, Spiritu sancto edocta , ex «acris Miens, et anliquà Patrum traditione, in sacrisconciliis, et novissiroè in hàc œcumenicà synodo docuerit purgatorium esse •mmasque ibi detentas fideliurn sufTragiis, poiissimùm verô ac' eeptabili altaris sacriHcio juvari ; praccipit sancla synodus cpiscopis,ut sanam de purgatorio doctrinam, à sanclis Patribm et laerjs conc.liis traditam, à Chrisli fideliboi credi, leneri, doceri, et unique pr;fl.cari,l,ligenter$tudeant.Apudrudem verô plebem <lilficl.orei ac lubtiliorei queestioncs, quœquc ad œdificalioncm non raciunt, et ex qu.bus plerumquè nulla fit pietalis accessio , à popuïaribui concionibui secludantur; incerta Item, vel qua, S|,eae falil laborant, cvulgari ac tractari non permutant: ea verô quœ adcuriusilaicm quamdara autsuperstitioncm speelant vel turpclucrum^sapiunt^.nqMàm scandala et r.dd.um oftodteola prohiheant. Curent aulcm episcopi ut fidelium virorum sufTragia in.!>saru,n5cili,,.l.sarrlfiri,, or.,, ,„„,,,, |. ,,„.„,,,,., allaque p|«I Util oper., qum à Bdelibui pro . 1 1 . , s Qdelil lefuncti, ûcrl con-

weveruiit.tecuBduinEcclesi.in.Utatapièacdcvolèflaotjetqwi »roillifltsteiUlorua fundatio. >Te| ,i,;, ,. ,,,M,llur

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$38 l'homme d'ormson.

Ce soin charitable que le concile témoigne pou? h soulagement des morts par la prière des vivants , est une marque visible de la tendresse du cœur de Jésus- Christ et de la douceur de son esprit, qui rend au* âmes souffrantes, par miséricorde, ce qu'il leur ôte par justice. Comme juge équitable, il ne reçoit point leurs plaintes ni leurs requêtes : il ne leur est pas permis de parler pour elles-mêmes. La prière est reçue partout : elle règne sur la terre, elle se fait entendre sur la mer, elle a tout crédit dans le ciel ; elle entre dans les palais, dans les chambres de justice, dans les prisons, et dans les plus sombres cachots: il n'y & que le purgatoire où elle est muette. Elle est permise aux plus grands coupables , et les plus misérables y ont recours comme à leur asile : il n'y a que les fidèles trépassés auxquels elle est interdite; mais, parmi cette rigueur qu^ leur tient ce juge sévère, il n'oublie pas qu'il est leur médiateur, et en même temps qu'il impose silence-^une âme souffrante , et qu'il lui défend de parler en 'sa propre cause , il fait parler toute l'Eglise en sa faveur, il inspire à tous ses serviteurs des sentiments de miséricorde, et il n'y a point d'état ni de sexe qu'il ne sollicite pour elle, et qu'il n'engage dans ses intérêts. Ainsi la prière, qui perd sa force dans la bouche des morts, devient toute-puissante dans la nO- Ire par la grâce de Jésus-Christ : elle adoucit les peines de leur esmit; elle paie leurs dettes, elle amortit les flammes 6.» purgatoire , elle abrège le temps de kuv exil et les introduit heureusement dans le ciel: c'est ce qui oblige saint Éphrein de se recommander si instamment aux prières de ses frères, comme ît fait dans son Testament : « Je désire, mes frères, et vous » avertir-et vous exhorter , et vous faire prendre une » ferme et immuable résolution de vous souvenir con- » tinuellenvnt de moi dans vos saintes prières, après » ma mr/t Ne m'oubliez pas , pauvre et chétif que jj) » suis , ayez mémoire de moi dans toutes vos oraisonsv » Je vous conjure, mes bien-aimés, de ne m'ensevelir

» point avec des parfums ; mais offrez pour moi dans

» la maison du Seigneur le parfum de vos prières, et au

» lieu de ces précieuses odeurs, aidez-moi par vos

» intercessions charitables ; accompagnez-moi au tom-

» beau en psalmodiant, et priant poui ma pauvre âme:

» car les morts reçoivent du secours et de la consola-

» tion par les prières et les oblations des vivants. »

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