‹ L'homme d'oraison (volume 2)Chapitre 112 sur 144 · II. CONSIDERATION · texte numérisé non relu

II. CONSIDERATION

La charité que le Sauveur du monde inspire aux membres de son corps mystique, ne s'arrête pas là: son divin esprit, qui les anime, leur fait joindre à l'oraison le secours de la pénitence, du jeûne, de la mortification et de l'aumône. En quoi , dit le Catéchisme du concile de Trente, nous devons rendre des louanges et des actions de grâces infinies à sa bonté et à sa clémence , d'avoir accordé à la faiblesse des hommes le pouvoir de satisfaire les uns pour les autres à sa justice; car enfin tous ceux qui sont en grâce, peuvent payer pour un aulre ce qu'il doit à Dieu : d'où il arrive qu'ils portent en quelque façon le fardeau les uns des autres (1).

Cette bonté, dont il use en notre endroit , est d'autant plu» obligeante , que D'étant tenu par aucun titre de justice étroite et légale d'accepter nos satisfactions, parce que tout ce que nous lui pouvons offrir est plus à lui qu'a nous , il s bien voulu s'y engager lui-même pour rendre les moyens qui n >us donne d'apaiser sa juste colère efficaces par sa grâce, et infaillibles par la fidélité (!«• ses p messes, et tout puissants par ses mérites (2J.0 douceur admirable du Seigneur ! ô bonté

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de Dieu ineffable ! ce charitable créancier ne se corn tente pas d'accepter le paiement de son débiteur, [J nous enseigne lui-même les moyens de nous acquitter J et, comme dit saint Cyprien , nous avons appris (Je sa bouche les moyens de l'apaiser (1). De créancier il est devenu notre maître, et nous a appris qu'il suffît de faire de bonnes œuvres pour le contenter (2) ; qu'on rachette l'iniquité par les œuvres de miséricorde, etque, si les pécheurs fontpénitence de leurs crimes, il fera aussi pénitence de son côté en changeant le dessein qu'il avait de les punir- Non-seulement il emploie sa parole pour nous enseigner les moyens de lui satisfaire , mais encore le trésor de ses mérites , et les suffrages de tous les fidèles pour nous aider à payer nos dettes , et , pour comble de faveur , il nous promet récompense, si nous nous aimons les uns les autres, et si nous nous rendons les assistances mutuelles, dont nous avons tous un besoin réciproque (3).

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