III. CONSIDLK ..TION
Il passe plus avant , il se donne lui-même a nous dans le saint sacrifice de l'autel , pour être offert au Père éternel en paiement et en réparation d'honneur pour les vivants et pour les morts : et, ce qui est merveilleux, le mouvement charitable qui porte quelqu'un à s'intéresser pour son ami, fait à Dieu une satisfaction plus agréable , comme dit saint Thomas, que s'il travaillait pour ses propres intérêts ; parce que l'un est de pure charité,
(1) Remédia propitiando Deo ipsius Dei verbis data sunU S, Qrpr, de opère et eleemosynâ.
(2) Magisteria divina docuerunt operationibus justis Dcosatisfieri. Juki.
(3) 0 miram demenliam Domini ! ô ineffabilem Dei benigni* tatem ! prœniium nobis pollicelur, si nos invicem diligamus, et >i nobis ea prœstar us invicem quibus invicem indigemus. S.f'tW" iinuS) ep. ad Celantiar*1*
et l'autre, de nécessité (1). Cela est si véritable, pour Tne servir des termes du Catéchisme de Pie V, que nul des fidèles n'a plus lieu d'en douter, surtout après le témoignage de l'Écriture, la décision des conciles, le consentement des Pères, et la pratique générale de mute l'Église (2). « 11 ne faut point douter, dit saint Ai- » gustin,que les morts ne soient aidés par les prières de » l'Église , parle sacrifice salutaire, et par les aumônes » qu'on fait pour le repos de leurs âmes, à ce que Dieu » les traite plus raiséricordieusement que leurs péchés » ne méritent. Car l'Église universelle observe l'ordre » que les Pères nous ont donné par tradition, de prier » pour ceux qui sont morts dans la communion du corps » cl du sang de Jésus-Christ, lorsqu'il en est fait men- » lion à la messe, et d'offrir pour eux le sacrifice (3). »
Qui doute que ce sacrifice ne soit d'une très-grande Utilité pour leur soulagement, puisqu'il tire sa force et sa valeur d'une personne infinie ? N'est-ce pas le sang de Jésus-Christ qui parle pour demander justice et miséricorde tout ensemble? Justice pour lui, car il est digne d'obtenir la récompense de ses travaux; miséricorde pour elles , car il a droit de leur appliquer le fruit de ses mérites. N'est ce pas sa mort qu'on renouvelle ù'une manière mystique pour hâter la vie glorieuse de ces pitoyables captifs? Ne sont-ce pas ses souffrances que l'on substitue en la place de leurs tourments? et le pi ix de ses douleurs, étant mis dans la balance, ne doitil pas l'emporter sur les peines temporelles qu'on pourra t exiger d'eux?
C'est donc une sainte et salutaire pensée de prier pour
(I) Afffeclio charilalii Ineoqul pro amico patitur , facit lali*f hoir m ma icceplam quàm li pro m palerelur. Hoc enim
MtproiOpUB chai it al i-, illud au Un injcessilatis. S. Thomaty 3.
contra Gcntes, c. 58.
I] Nec vero de hoc cuiquam Qdeliun dubitandi loctts relictu*
S. Aug. '. vcl.u. in aliâedit,
Rmkt. 1/7//. ,1
les morts, afin de les délivrer des peines qui sont dues à leurs péchés (1). Elle est sainte , parce qu'elle vient de l'esprit de Jésus, qui esiia première source de toutes les saintes actions. C'est sa bonté qui la fait naître , c'est sa grâce qui la rend efficace , c'est sa protection qui la maintient, de peur qu'elle ne périsse avant que de naître. E/^e est salutaire tant aux âmes du Purgatoire qu'à ceux qui travaillent à leur délivrance. Je tiens peur assuré que celui qui consacre sa vie au bien du prochain , la rend utile à lui-même d'une plus excellent manière : quiconque a pitié de la misère et de l'indigence des fidèles, fait les œuvres du ciel, quoiqu'il so.it encore sur îa terre, et, tout voyageur qu'il est, il agit comme font les bienheureux, en procurant la félicité de son prochain (2).
(J) Sancta ergo elsalubris est cogitalio pro mortuis exoraret ai à peccalis solvantur. 2. Machab. 12.
(2) Ego illum prsecipuè pulo suo vivere bono, qui vivii aliéna, guUjue fideluim calamitates, indigenliamque miseralur, facil m Mvrïi opéra cœUirKui. Cassiod. Ep, 12. lib, 5.
ENTRETIEN