IV. CONSIDÉRATION
Pendant que nous vivons , il faut passer la vie présente les uns permi les autres ; mais quand nous serons arrivés au terme , alors nous serons séparés. Car les
(1) Judicabit in nationibus, implebit ruinas. Ps. 109, 6.
(2) Adveniente tentatione Iribulationis, et ex illis qui sunt in olio, et ex illis qui sunt in negotiis seculi, et ex illis qui Deo in Ecclesiâ minislrant, aliqui permanent , aliqui eadunt. Qui permanent assumuntur, qui eadunt, relinquuntur. S. August. I. 2. de quœst. Evang.
(3) Agitur nunc ut non loco , sed affectu, intérim separentur boni à malis. Quamvis simul in Ecclesiis quantum altineï ad corporalem prœseniiam conversentur. S, Aug. in Ps. 8.
gens de bien ne se trouvent jamais seuls que dans le ciel ; ni les méchants , que dans l'enfer. Quant à cette vie qui est entre le ciel et l'enfer , comme elle est entre deux , aussi elle reçoit indifféremment les citoyens de l'un et de Fautre parti (1). Ce mélange des deux partis est nécessaire , afin que les méchants se convertissent par l'exemple des gens de bien, et que les bons se purifient par la persécution des méchants. Car, comme la lime aiguise le fer en le limant , de même il faut que la malice des autres ôte de notre âme ce qu'il y a de plus grossier , pour lui donner de la pointe , autrement elle n'arrivera point à la perfection de l'esprit (2),