CONSIDERATION
Jesuis toujours avec vous , leur dit -il, Jusqu'à laconsom* mation des siècles (1). Comme s'il disait : Quand vous serez entrés ainsi que des brebis au milieu des loups , ne tremblez point à cause de votre faiblesse, mais fiez-vous en ma puissance; car je ne vous laisserai point seuls dans cet ouvrage , je serai toujours avec vous, non pour vous exempter de souffrir, mais pour faire une chose beaucoup plus grande, à savoir, que toute la cruauté des tyrans qui vous persécuteront avec fureur , ne vous puisse surmonter (2). Mais vous prêcherez, sous mon autorité , avec la force et l'efficace que je donnerai à vos paroles, et je ferai en sorte que vous susciterez des enfants d'Abraham d'entre ceux mêmes qui vous persécuteront «vec plus de fureur. JHminuerai dans les cœurs ce que j'ai enseigné de bouche ; j'exécuterai ce que fai promis, et vous en verrez l'effet (3). Vous rendrez la santé aux malades, vous ressusciterez les morts, vous chasserez les démons , vous ferez du bien à tout le monde; mais donnez-vous de garde des hommes. Car ils vous feront comparaître dans leurs assemblées , et ils vous feront fouetter dans leurs synagogues , et vous serez présentés, à cause de moi, aux gouverneurs et aux rois, pour me rendre témoignage devant eux et devant les Gentils. Lors dor ". qu'on vous livrera aux
ut gloriosam Ecclesiam, nonhabentem maculam aut rugam, exhibeat. Rupertus, l. 2. in Gen.c. 37.
(1) Ecce ego vobiscum sum omnibus diebus usque ad consummationem seculi. Mat th. 28. 20.
(2) Id est ; Cùm sicutoves introieritis in médium luporum, nolite de vestrâ infirmitate trepidare , sed de meâ potestate confiderc, qui vos usque ad consummalionem seculi in omni hoc opère non derelinquam: non ad hoc ut nihil patiamini, sed quodmultèmajus est, praestiturus, ut nullà sœvientium crudelitate superemini. S. Prosper yloco citato,
(') Ego insinuabo quod docui, ego faciam quodpromisi.
juges, ne vous mettez point en peine comment vous leur parlerez et de ce que vous leur direz : ce que vous leur devez dire vous sera donné à l'heure môme; car ce n'est pas vous qui parlez, c'est l'Esprit de votre Père qui parle en vous. 11 est donc vrai que la grâce de Dieu notre Sauveur a paru à tous les hommes, et néanmoins les ministres de la grâce ont été haïs de tous les hommes (1). Et bien que ceux qui haïssaient fussent différents de ceux qui étaient opprimés par la haine de leurs persécuteurs, néanmoins l'un et l'autre parti ne laissaient pas d'être compris sous le nom de tous les hommes, pour le salut desquels Jésus-Christ est morl, avec celte différence, que le parti des rebelles avait pour peine la perte de son salut, au lieu que l'o. béissance des fidèles les rendait dignes d'obtenir tous les biens que le Sauveur nous a acquis pour leur partage (2). Car l'apôtre saint Jean nous assure que nous avons Jésus-Christ pour avocat auprès du Père, et qu'il est lu victime depropitiation pour nos péchés, et non-seulement pour le* nôtres, mais encore pour ceux de tout le monde (3).
Admirable dispensation de la grâce du Rédempteur, qui s'offre à tous en général et en particulier, mais qui n'est pas également reçue de tous ! De là vient que leur sort est bien différent: Celui qui croira, dit le Sauveur, et qui sera baptisé, sera sauvé; celui qui ne croira
(1) Apparuit ergô gratia Salvaloris Dei omnibus hominihus, et tam^n minislri gratiœ odio erant omnibus hominibus. TU. 2. 11.
(2; Et ci'im alii essent qui oderant , alii qui odiis persequenlium premebanlur, ncutra tamen pars nuncupationc omnium bominum privabalur, babente quidem salutissurc damnum rebellium portions, sed obtinenle pleoitudiois censum fldelium dignitate.
(3) Ft ipso, filioli mei, haec icribo vobis, ut non peccelis. Sed et si <\\\\% perr.iverit, advocatum habemus apud Patrem, Jesum Chrisiuin Jottum : et Ipte eil propitiatio [>r<> peccatis noslris : non prono iris aulca tantùrn t ged etiam pro lotiu* mundi. i*Joan. 2. I ,2.
point f sera condamné (1). Heureux celui qui se rend parfaitement soumis à son empire, et qui l'écoute avec docilité! car c'est la voix de la sagesse éternelle et de la vérité par essence, et qu'y a-t-il de plus doux, comme dit saint Augustin, et de plus agréable que l'inspiration de la vérité? Pourquoi donc douter que nous ne soyons bienheureux, quand elle daigne nous inspirer? Ceux qui se plaisent à la lumière et à l'éclat des choses visibles, et qui n'en sont détournés par aucune affliction ni par indigence , s'estiment heureux, et, pour jouir de ce bonheur, ils voudraient vivre toujours : et nous craignons de mettre notre bonheur dans la lumière de la vérité (2)ï Cependant c'est en elle que consiste le souverain bien. C'est par elle que nous le connaissons, et que nous en jouissons avec liberté et avec assurance \ car nous ne la pouvons perdre, si nous ne voulons: personne ne possède avec assurance un bien qu'il peut perdre contre son gré. Or personne ne perd malgré lui la vérité et la sagesse (3), Donnezvous tout à elle sans changer de volonté, elle se don» nera à vous , et ne vous quittera jamais la première. Elle se tient fort près de tous ceux qui se convertissent en quelque lieu du monde que ce soit, et qui l'aiment; et elle est avec tous éternellement. Elle n'est en aucun lieu, et néanmoins elle n'est absente ni éloignée d'aucun lieu; elle avertit extérieurement, et elle enseigne intérieurement au fond du cœur ; elle change en mieux tous ceux qui la regardent, et nul ne la change ni no la
(1) Qui crediderit et baptizatus fuerit, salvus eritj qui verô non crediderit, condemnabilur. Marc. 16. 16.
(2) Quid fragrantius , quid jucundius inspiratione veritatis ? Et dubitamus nos, cura ab illà inspiramur , dicere beatos.... Clari* tate et jucunditate, cùm ab istâ lœtitià nullis molestiis, nulle indigentiâ revocantur, beali sibi hommes videntur, et propteD hœc sempervolunt vivere : et nos in luce veritatis beatara vitaM collocaremetuimus ! S. Aug. I. 2. de libero arbitrio, c. 13, 14.
(3) Nemosecurus est in iis bonis quae pote$t invilus amittere i veritatera atque sapientiam nemo araittit invitus.
pervertit; personne n'a droit d'en juger, et personne ne peut bien juger sans elle. Il paraît par là qii'elle est indubitablement au-dessus de nos esprits, puisque c'est elle qui seule les rend tout sages, et capables déjuge non d'elle, mais par elle de toute autre chose (1),
(1) De .loto a more ad se conversis qui diliguot eam , omnibus proxima est, omnibus sempiterna ; nullo loco est , nusquàm deest ; foiis admonet, intùs docet ; cémentes se commutât, à nullo in dclerius commutatur ; nullus de illâ judicat , nullus sine illâ judicat benè. Ac per hoc eam manifestum est mentibus nostris, quae ab ipsâ unâ fiunt singulae sapientes, et non de ipsà , sed per iptsm de caeterisjudicant, sine dubitatione esse potiorem.
ENTRETIEN
POUR LE JEUDI DE l'oCTAVE DE LA PENTECÔTE.
De la qualité de souverain pontife, et des pouvoirs admirables du sacerdoce de Jésus- Christ.
v. pouvoir.
Les miracles dont il a rempli le monde , pour y établit
son Église,
Vcnile , et videte opéra Domini , quœ posuit prodigia super
terram.
Venez , et voyez les œuvres du Seigneur, et les miracles qu'il a
ope'rés sur la terre. Psal. 45. 8.