‹ L'homme d'oraison (volume 2)Chapitre 16 sur 144 · III. CONSIDÉRATION · texte numérisé non relu

III. CONSIDÉRATION

En troisième lieu, il a rempli toute la terre de rôdeur de ses vertus , que le souffle du Saint-Esprit a fait passer de la Palestine jusqu'aux derniers confins du monde : L'Esprit du Seigneur Jésus a rempli le rond de la terre (2). Il a inspiré la force aux martyrs, la pénitence aux confesseurs, le zèle et la prudence aux pasteurs , la pureté aux vierges , le mépris du monde , et le désir des biens célestes à tous les enfants de Dieu. Pensez-vous, dit saint Augustin, que la Providence divine ait peu fait pour le bien du genre humain, maintenant que non-seulement un petit nombre d'hommes très-savants, mais encore le simple peuple , en tant de si différentes nations, croit et publie qu'il ne faut rien tenir pour Dieu qui soit terrestre, ou qui tombe sous les sens, mais qu'il faut aspirer à sa connaissance par les plus pures lumières de l'esprit (3)P Est-ce peu d'avoir porté l'abstinence jusqu'à vivre de pain et d'eau, et ta pratiquer des jeûnes, non d'un , mais de plusieurs jours, sans prendre aucune nourriture P la chasteté, jusqu'à renoncer au mariage toute sa vie, et au désir d'avoir des enfants cld'étendresa postéritéP la patience, jusqu'à mépriser les croix, les flammes et les supplices les plus cruels !J la libéralité, jusqu'à distribuer tous sesbiens aux pauvres P et enfin le mépris de tous les biens du monde Jusqu'au désir de la mort P

(1) Replela est terra scientià Domini. 1s. 11. (2; Spiritui Domini replevlt orbem terrarum. Sap.i. 7. Parùmne consultam rébus humanis arbitrai1 U, quôd nihli nnm , nilnl igneom, nihil deniquequod corporis sensus atit9pro Deocolendum esse, ad quemsolo intellects ambiendum it, non pauci doclissimi disputant , sed Imperitum etian il m tan mollis diversisque gentibus crédit et prédicat* S. Auç. de utililatc crcdendiy c, 1G. cl seg.

36 L'HOMME D'ORMSON.

J'avoue que ces verlus sont rares , et que peu de personnes les pratiquent avec la discrétion nécessaire ; mais tous les peuples les approuvent, les aiment , les admirent dans les autres, et confessent leur faiblesse et leur peu de ferveur et do courage , s'ils no les pratiquent pas. Comment s'est fait cela? la divine Providence a fait toutes ces merveilles , par la vie divinement humaine et parla doctrine de Jésus-Christ, par les voyages des apôtres, par les opprobres, les croix, le sang et la mort violente des martyrs, par la vie recommandable des saints, et par les miracles dignes de ces grandes actions et de ces vertus héroïques , qui les accompagnaient lorsqu'il en était temps, pour autoriser l'Évangile, et pour attirer le monde à l'amour de la vertu (1).

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