I. CONSIDÉRATION
J christ est le seul vouveoiiu pomife à qui il
4 fc'tiQMME D'ORAISON.
appartient de recevoir, de mériter, de donner et d'envoyer le Saint-Esprit. Il a reçu le Saint-Esprit d'une manière qui le distingue de tous les autres , à savoir, par le droit de sa naissance temporelle. Car comme entre tous les hommes il n'y a que lui qui ait été conçu du Saint-Esprit, aussi il n'y a que lui qui en ait reçu l'onction par le privilège de sa naissance. Le Seigneur Jésus n'a pas seulement donné comme Dieu le Saint-Esprit, mais il l'a reçu lui-même comme homme" C'est pourquoi il est dit qu'il était rempli de grâce; et dans les Actes des apôtres il est écrit en termes encore plus clairs et plus formels que Dieu l'avait oint , non d'une huile matérielle et visible , mais du Saint-Esprit, qui est la grâce substantielle et la source de toutes les grâces, figurée par le chrême dont l'Église a coutume d'oindre ceux qui reçoivent le baptême (1). Il ne faut pas néanmoins penser , comme remarque ce même Père, qu'il ne reçut le Saint-Esprit que lorsqu'il descendit sur lui en forme de colombe , le jour de son baptême; car alors il ae fit que repré^ senter , par avance , ce qui devait s'accomplir dans son corps, c'est-à-dire dans son Église, dans laquelle principalement ceux qui sont baptisés reçoivent le Saint- Esprit. Mais, pour lui 7 il faut croire qu'il fut oint de cette onction mystique et invisible au moment que le Verbe divin se revêtit de notre chair (2). Car il est tout* à-fait hors du bon gens de s'imaginer qu'il n'ait reçu le Saint Esprit qu'à l'âge de trente ans, auquel il fut baptisé : il faut croire qu'en venant se présenter au
(l)ûominus ipse Jésus Spiritum sanctum , non soiinn dédit ut Deus, sed etiam accepit ut homo. Proptereà dictus est plénum gratiâ. Etmanifestius de illo scriptum est in Actibus, apostolorum , quoniam unxiteum Deus Spiritu sancto. S. Aug. I. 15. de Trinitate, c. 26.
(2) Tuncenim corpus suum, id estEcclesiam preefigurare dignatusest,in quâ prœcipuè baptizali accipiunt Spiritum sanctum. Sed illâ myslicâ et invisibili unctione tune intelligents est unelus ? guand^ Verbum Dei caro Caçtum est.
LECTURES SPIRITUELtE». -^
plême, comme il y vitl sans péché, il n'y vint pas sans le Saint-Esprit; car il n'a jamais été sans lui. Sa sainte humanité en reçut la plénitude dès le premier moment de son être. En môme temps qu'il fut conçu dans le chaste sein de la Vierge , :i y fut sacré comme souverain Pontife; et ce fut là qu'étant oint du Saint- Esprit, de cette huile de joie , dont parla le Prophète- Roi, il offrit la première fois cet admirable sacrifice qu'il continua pendant toute sa vie, et qu'il consomma par sa mort en répandant tout son sang, par lequel non-seulement il fut sacré, mais encore il consacra »t sanctifia tout l'univers (1),