II. CONSIDÉRATION
En effet la croix fut l'autel , sur lequel il accomplit a promesse qu'il avait faite à ses apôtres la veille de sa mort, de leur obtenir le Saint-Esprit par ses prières et par ses mérites , sans lesquels aucun des saints ne l'eut reçu , ni avant lui , ni après lui. Il est constant que le Saint-Esprit a toujours été dans l'Église dès le commencement du monde, et qu'il y demeurera jusqu'à la fin : elle ne peut subsister sans lui , non plus que le corps sans l'esprit qui l'anime. Il y a toujours i u , dans tous les siècles qui ont précédé la Passion de Jésus-Christ, des hommes justes remplis du Saint-Esprit, îmeles patriarches et les prophètes, un Abel, un Noé, un Abraham, un Melchisédech , et tant d'autres, en aura toujours dans tou* les siècles à venir j mais pas un ne l'a été , ni ne le sera , qu'en vue du sacrifice que ce suprême adorateur a offert sur le calvaire,
(I) Hic divinis manions unctiis est oleo lœtiliœ, et sicut ad
altare, in summum Ponlificem consecrattis , de hoc altari ad
iram ernei» ascensions , proprio ernore , tanquàm altcrius generis
rfususjam bodsoI&o consecratui , ged et consecrans, to-
corpus machinas mondial il largiore. ligaminc conulavit.
Pêtrui Damian. scrm, \*4e Annuntiatione*
© L'HOMME D'ORUSON.
et de la prière qu'il a faite pour obtenir ce don du Père : Je prierai mon Père , et il vous donnera un mitre Consolateur (1). Il ne fit pas seulement celle pronusjfà à ses apôtres, mais encore à tous les fidèles qui dôr vaient croire en lui : Quiconque croit en moi, des fleuves d'eau vive sortiront de ses entrailles , selon la parole de l'Écriture (2). Or il dit ceci, comme remarque saint Jean , de V Esprit que devaient recevoir ceux qui croiraient en lui (3). Car c'est en sa considération que l'impétuosité de ce fleuve comble de joie la cilé de Pieu, et sanctifie l'Église, qui est le sanctuaire du Très-Haut (4). Saint Grégoire , considérant le cours de ce grand fleuve , dit que les dons du Saint-Esprit sont les ruisseaux qui en découlent. Les ruisseaux de ce fleuve sont les dons du Saint-Esprit. La charité est un ruisseau de ce fleuve ; la foi en est un autre ; l'espérance en est encore un autre (5). Ce fleuve et ces ruisseaux, qui arrosent toutes les plantes de l'Église, et qui les rendent fertiles en toutes sortes de bonnes œuvres, sortent des plaies de Jésus-Christ \ son cœur en est la source.