II. CONSIDÉRATION
Leur utilité n'est pas moins considérable que leur vertu. Car ce sont des remèdes très-sûrs et trèsprésents contre toutes sortes de péchés, qui donnent la mort à l'âme et l'engagent infailliblement dans la damnation éternelle, si on ne les eflace avant que de sortir de ce inonde. Ce sont des sources fécondes , où l'on puise tout ce qui est nécessaire pour nous rendre
(1)81 quis dixerit sacramcnla novae legis non conlinere gratiarn quam significant, aut graliam ipsam non ponenlibus obi- :em nonconferre, quasi signa lanlùni cxlerna sint accepta per fi<l< m gratiœ, vel justitiae, et notée quaedara chri tianae profeisionis, quibus apud horaines discernuntur fidèles a!) InfîdelibuJ :
annihema sit. Cono. Trtd. sess. 7. can. 6.
Ula su^ sacramcnla danlia saïuicm, alla promitlcnlla il i m. ita oovi Testamcnll dant salai ra-
lami oti promis* ruât Salvalorem. iot
Mini i iciliora , pauciora, salubiiora . felici
ran laeoarrabiliter valel plurimùm, et ii«ô <nnlempla tacrilngos facil. Impie quippè conlemnitur, si ni quo non i pcrûi i pieUi. S» Aug. /. 19. conlrà Fauttum , c. 11.
62 v l'homme d'oiuîsou.
saints et bienheureux. Le baptême nous donne une naissance spirituelle , et nous fait enfants de Dieu. La confirmation nous fortifie dans la grâce. L'Eucharistie nous nourrit du pain des anges. La pénitence guérit les maladies de l'âme. L'exlrême-onction sert à la sanlé spirituelle , et corporelle même, s'il est expédient pour le bien de l'âme. L'Église se gouverne et se multiplie spirituellement par le sacrement de l'ordre, et corporellement, par le sacrement du mariage. Ce «ont des signes certains et efficaces de la grâce de Dieu et de sa bonté envers nous , qui, se présentant à nos sens extérieurs , excitent intérieurement notre foi en Jésus- Christ, et lui servent de canaux pour nous communiquer ses mérites, et d'instruments , pour opérer notre salut.
Enfin ce sont des symboles sacrés , et des marques extérieures de la possession du christianisme , par lesquelles les enfants de Dieu et de l'Église s'entre-connaissent, et demeurent unis ensemble dans le culte divin et dans l'exercice de la religion chrétienne, qui ne pourrait autrement subsister , ni se distinguer des autres. Ce qui a fait dire à saint Augustin que notre Seigneur Jésus-Christ a lié un peuple nouveau dans une étroite société par le moyen des sacrements, dont le nombre est fort petit, et l'observation très-facile; mais qui signifient de grandes choses (1).