‹ L'homme d'oraison (volume 2)Chapitre 21 sur 144 · I. CONSIDERATION · texte numérisé non relu

I. CONSIDERATION

On peut dire de tous les sacreraenl aint Am-

broise dil spécialement du très saint Sacn menl

tel, que ce so^t des sources de salut, de la plaie du sacré cœur de Jésus-Chrisl il de sa plaie une source de vie éternel: ; pa-

roles de l'Écriture : // sortira avec joie , fon.

\ du Sauveur. Il est donc sorti de l'eau de la afin de nous donner le salut pour bn us les

pécheurs en boiront, afin qu'ils quittent leurs péchés (1); et sur le psaume quarantième : Considérons le vénérai acrement. Que peut-on voir de plu plus

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S. Amb. in f'srJ. 37. ad h ■ ■■ urvalo

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simple ? personne n'y est arrosé du sang des taureaux, comme l'on dil qu'il se pratique aux sacrifices des Gentils (car le sang des boucs et des agneaux ne purifie pas les pécheurs: il lave le corps, il n'efface pas les taches de l'âme ). Mais, comme dit l'Écriture : // sortira avec joie de Veau des fontaines du Sauveur ; et ailleurs : Fous avez préparé, devant moi, un banquet céleste; et derechef: Que cette coupe qui enivre est excellente (1)! C'est donc du sacré cœur de Jésus que sont sorties ces divines sources, où nous puisons délicieusement la grâce sanctifiante , qui efface tous les péchés. C'est de là que les sacrements de l'Église tirent leur excellence, et les grands avantages qu'ils ont sur les cérémonies sacrées de l'ancien Testament. Les premiers sacrements, dit saint Aug Un , ont été abrogés, parce que ce qu'ils signifiaient , était accompli ; et on en a substitué d'autres, dont la vertu est plus grande, l'utilité plus considérable, la pratique plus faciie, et le nombre moindre (2\

Premièrement do\ic ils ont une plus grande vertu. Car, comme dit le concile de Florence, « les sacrements » de l'ancienne loi ne conféraient pas la grâce , mais » ils signifiaient seulement qu'elle serait donnée par » les mérites de la passion de Jésus-Christ ; mais les nô- » très contiennent la grâce , et la confèrent à ceux qui » les reçoivent dignement (3). »Et le concile de Trente prononce anathème contre ceux qui disent « que les sa- » crements ne contiennent pas la grâce qu'ils signifient,

(l)Intendamus in ipsura vê&srabile Sacramenlum. Quid purius polest eo esse atquesimplicius ? Non taurino quisquam peri'unditur sanguine, ut sacra dicunlur habere Gentilium.... Sed exsiliet , inquit, aqua cum deleclalione de fontibus Salvatoris ; et : Paralur inconspeclu tuo mensa cœleslis; et : Poculum inebrians quàm }>5'(£cîarum! S» Ambr. in Psah 40. inilio.

(2) Prima sacramenta ideo ablala, quia implcta: et aliasum instituta virtute majora , utilitate meliora, acta faciliora , numéro pauciora. S.Aug. /. 19. contra Faustum, c. 13.

(3) Concil. Florent, in Doctr. de Sacramentis,

» ou qu'ils ne la confèrent pas à roux qui n'y mettent » point d'obstacle (1). » Saint Augustin distingue par là les sacrements de l'ancienne loi de ceux de la loi de grâce. Il y a des sacrements qui donnent le salut , il y en a d'autres qui promettent le Sauveur. Les sacrements du nouveau Testament donnent le salut : îes sacrements de l'ancien Testament ont promis autrefois le Sauveur; mais ils ont été changés. On en a établi d'autres plus faciles , et en plus petit nombre , plus salutaires et plus heureux (2). Leur force est d'une efficace inexplicable : c'est pourquoi ceux qui en font mépris sont des impies , car c'est une impiété de mépriser une chose sans laquelle on ne peut bien pratiquer la piété (3).

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