III. CONSIDÉRA.ÏION
Comme c'est lui qui l'a demandé pour nous , et qui l'a obtenu comme un fruit de ses prières et une récompense de ses mérites ; c'est aussi lui qui nous îe
(1) Ego rogabo Patrem, et alium Paracletum dabit vobis. Joan. 14, 16.
(2) Qui crédit in me, sicul dicit Scriptura, flumina de ventre ejus fluent aqua? vivœ. Joan. 7. 38.
(3) Hoc autem dixit de Spiritu , quem accepturi erant credente.s in eu m. Joan* 7. 39.
(4) Fluminis iinpetus laetifkat civilatem Dei : sanctificavit ts*bcfnacuhim suum Altissimus. Psal. 45.
($ Bivuli fluminis sunt dona Spiritûs sancli : rivulus est fluminis charttas; rivulus est fluminis ftdes ; rivulus est fluminis spes. S, Grec. 1. 15. Moraliutii) c, |5.
LBCTURLS SPIRITUELLES. h
donne et qui nous l'envoie , avec cette différence -, qu'il Ta demandé et mérité comme homme, mais il '& donne et l'envoie comme Dieu. Car, comme dit saint Augustin, comment ne serait pas Dieu celui qui donné Dieu, ou plutôt, combien grand Dieu est celui qui donne Dieu ! car enfin nul de ses disciples n'a donné le Saint-Esprit. Ils priaient Dieu qu'il descendit sur ceux auxquels ils imposaient leurs mains , mais ils ifte le donnaient pas eux-mêmes (l). Il n'y a que Jésus- Chrisl, duquel il est écrit qu'après qu'il fut élevé par la droite de Dieu , et qu'il eut reçu de son Père l'accirm* plissement de la promesse qu'il lui avait faite d'envoyé;!: le Saint-Esprit , il répandit cet Esprit saint sur les a.pôtrès le jour de la Pentecôte (2). Sur quoi saint Augusj u fait cette considérable remarque : Par ce qui est écrit, qu'il a reçu l'accomplissement de la promesse que sou Père lui avait faite d'envoyer le Saint-Esprit, et qu'il l'a répandu, on nous montre les deux natures qui sont unies en sa personne , à savoir , la nature divine etla nature humaine: car, entant qu'il est homme, il a reçu la promesse que son Père lui a faite d'envoyer le Saint-Esprit, en considération de ses mérites ; mais , en tant qu'il est Dieu, il l'a envoyé et il J'a répandu lui-même. Pour nous autres, nous pouvons bien le recevoir seion notre petite portée , mais nous ne pouvons pas le répandre sur les autres ; tout ce que nous pouvons faire, est d'invoquer sur eux celui qui le répand, afin qu'il le fasse, non par nos mérites, car nous en sommes indignes ; mais par' les mérites de
(1) Quomodo Deus non est, qui dat Spiritum sanctum ? imô qn.intus Deus est qui dat Deum ! Nequc enta aliquis discipulorum ejus dédit Spiritum sanctum. Orabant qulppè utvcnirct incos, traitai manum imponcbant, non insi cum dabant. S. Aug.l. 15. de Trlnilatc , c. 26.
I râ Deiexallalus,et prornissiune Spiritûl sancti a> fc l'aire, ciTudit hune quem vos videtis et audilis. Jet. 2. 33.
son Fils, qui est mort pour nous l'obtenir (1)» C'est par là qu'il faut entendre ce que dit le bien-aimé Disciple , que le Saint-Esprit n'avait pas encore été donné avant la mort de Jésus-Christ, parce que Jésus-Christ n'avait pas encore été glorifié, c'est-à-dire, selon saint Jérôme, parce qu'il n'avait pas été crucifié. Car* comme dit ce Père , la croix du triomphateur est la gloire du sauveur. 11 est crucifié comme nomme, il est glorifié comme Dieu. Enfin le soleil s'éclipse, la lune pa^ rait tout en sang, la terre tremble par un prodige ex* traordinaire , les portes de l'enfer sont ouvertes, les morts sortent de leurs tombeaux, et les pierres sont brisées (2). Mais aussitôt après sa mort il le donne par deux fois : l'une, lorsqu'il était sur la terre; l'antre, étant entré en triomphe dans le ciel. Nous ferons \Qït l'excellence de ce don dans le suivant entretien ; i\ suffît de dire ici avec saint Augustin : Le Seigneur Jésus a donné deux fois le Saint-Esprit : l'une, étant encore sur la terre , pour nous inspirer l'amour du prochain ; l'autre, étant déjà dans le ciel, pour graver l'amour de Dieu dans nos cœurs (3).
(*)Ineo quôd acceperit à Pâtre promissionem Spiritûs sancti, et efluderit , utraque natura monstrata est, et bumana scihcet et divina : aocepit quippè ut homo, et effudit ut Deus. Nés auteio aecipere quldem hoc donum possumus pro modulo noslro. Effun.» dere aulem super alios non utiquè possumus, sert, ut hoc fiât , Deum super eos, à quo hoc efficitur, invocamus. S, Aug. de Triait . cap. 26.
(2) Gloria salvatorjs patibulum triumphantis. Crucifigitur ut homo, glorificatur ut Deus. Denique «ol fugit , luna inutalur in sanguinem, tepra motu insolito contreraiscit , aperiuntuf iufîtî , mortuî ambUant, saxa rumpuntur. S. Bieron. ep. ad Hebid. çr.9.
(3) Douiinus Jésus bis dédit Spiritum sanctum : semel in terra, piopter dilectionem proximi> ■*.% îterùm in cœlo, nropter dilectionem Dei.
ENTRETIEN
POUR LE LUNDI DE l'oCTAVB DE LA PENTECOTE.
De la qualité de souverain pon(ife , et des pouvoirs admirables du sacerdoce de Jésus-Christ.