‹ L'homme d'oraison (volume 2)Chapitre 45 sur 144 · I. CONSIDÉRATION · texte numérisé non relu

I. CONSIDÉRATION

Le sacrifice est inséparable delà religion et du culte de Dieu; mais Punique sacrifice , le sacrifice par excellence que Dieu de toute éternité a prédestiné pour son honneur et pour sa gloire , est le sacrifice de la croix, dont le souverain pontife de nos âmes a voulu que l'Eucharistie fût une continuation perpétuelle jusqu'à la consommation du siècle (1), disent le Prophète et notre Seigneur Jésus. Tous les sacrifices de l'ancien Testament, de la loi de nature, n'ont été que des ombres et des figures prophétiques de celui-ci. C'est pourquoi il ne r9utpas s'étonner s'ils ont pris fin et s'ils ont cédé à h vérité , puisque tout ce qu'ils promettaient est maintenant accompli et consomme. Il a voulu que ce sa-

ft) Juge sacrificium.- Ego vobiscum sum usque ad consummalàouvm seculi.

criGce, qui est lui-même, fut offert dans l'Église au lieu do tous les autres, parce qu'il avait été promis par tous les autres (1). Saint Léon, suivant la même pensée, dit que toutes les différentes espèces de victimes qu'on offrait dans l'aiicien Testament, sont réuniesetconsomméespar l'uniqucoblation ducorpsetdusangde Jésus-Christ (2). Le bienheureux Alger s'explique sur ce sujet en des termes considérables : Cet unique sacriûce couvre, par sa grandeur et son excellence , la vertu et la dignité de toutes res [autres victimes. Ici est l'holocauste, ici est l'hostie pacifique» ici est le sacrifice propitiatoire (3). Ici le Isjls de Dieu abrège la multiplicité des anciens sacriGces par l'unité de la victime qu'il offre, et, diminuant le nombre des cérémonies légales et des services qu'on lui rend, il multiplie les grâces intérieures qu il nous confère , il remet les péchés , il nous comble de biensvspiiilu<Is, etf par un progrès continuel de la foi et des autres vertus, il nous conduit à la vie éternelle et bienheureuse. Bien davantage, saint Augustin dit que Jésus-Christ n'a pas seulement supprimé les véritables oblations de l'ancien Testament, mais encore que tous les faux sacrifices des païens ont enfin cédé à ce souverain et véritable sacrifice (4). Saint Vincent Ferrier, faisant la même remarque, dit que ni les Agaréniens, ni les Juifs, ni les au 1res infidèles, n'ont plus de sacrifices, et que Dieu par sa providence en a ainsi disposé,

I S Min , quod ipjc est, in Ecclesiâ voluit pro illis omni-

I» us celebrari , quia illis omnibus preuunliabatur. Vide s. Jugust. t. 17. contra adversar. legis , c. 10./. 3. de Baptisrno , r. tilt.f l. 20. contra Fauttum , c. 13. et 21. et l. 1. contra gis.

muni differenliam im unius Corporiset Saogninft

|)lcl ublalio. S. U », i rm. 7. de Passione. loc unura n omnium hosliaruin uni

iii , ma ,n Ludine m el |n i abili dignilate obruii. uni, In p hic propilialorium sacriflciuL cou-

: . B. Alger, I. 2, de Sacrament. c. 3. 1 Haie sommo Teroque facrifteio cun la Ealti la c«i*o-

'uiu. L 1. contra adver** iegis et jtro///i. c. 20.

ÎOS l'homme d'ora.ïson.

v£ù &tf&Z3 se fasse plus qu'un sacrifice dans le monde, à cause de s& singulière excellence (1). Si bien que nous pouvons dire maintenant avec toute l'Église : « 0 Dieu » qui avez renfcrtsié dans la perfection d'un seul sacri- » fiée la diversité des victimes légales , recevez le sa- » orifice que vous offrent vos dévots serviteurs, et » sanctifiez le par une bénédiction semblable à celle » dont vous bénîtes les dons d'Abel , afin que ce que » chacun a offert en l'honneur de votre majesté , serve » pour le salut de tous (2), »

Page 1