II. CONSIDÉRATION
Le Fils de Dieu n'est pas seulement en forme de suppliant et d'adorant dans l'Eucharistie , il y est encore adorable par deux raisons. La première, parce qu'il est notre souverain Seigneur, et notre Dieu , égal en tout à son ?4fë< &fo^d[* Dieu, lufô&re de lumière, vrai Dieu du \tii Di.u. «'£ ny a éè'&c aucun lieu de » douter que tous les fliJèles , selon la coutume reçue » de tout temps dans l'Église catholique , ne soient 9 obligés d'honorer le très-saint Sacrement du culte » de latrie , qui est dû au vrai Dieu. Car pour avoir » été institué par notre Seigneur Jésus-Christ a des- » sein qu'il soit pris et reçu par les fidèles , on ne doit » pas moins l'adorer, puisque nous y croyons présent le » môme Dieu, duquel le Père éternel, en l'introduisant » dans le monde , a dit : Et que tous les anges de Dieu » l'adorent ; le môme que les mages en se prosternant » en terre ont adoré ; enfin le même que l'Écriture lé- » moigne avoir été adoré par les apôtres en Gali- » îée (1). » La seconde, parce qu'il est notre souverain
(J ) ftullus itaque dubitaodi locus relinquitur, quin omnes Christ!
bienfaiteur et Sauveur, l'unique source de tous les biens que nous possédons en ce monde, et que nous espérons en l'autre. « Le saint Concile déclare que la » coutume a été très -saintement et très - pieuse- » ment introduite dans l'Église , de destiner tous les » ans un certain jour et une fête particulière pour » rendre honneur à cet auguste et adorable sacre- » ment avec une vénération et une solennité singu- » Hère, et qu'il fût porté en procession avec respect » et avec pompe par les rues et par les places publi- » ques, étant bien juste qu'il y ait certains jours de » fête établis , auxquels tous les chrétiens puissent , par » quelque démonstration solennelle et extraordinaire, » témoigner leur gratitude et leur reconnaissance » envers leur commun maître et rédempteur , pour » un bienfait si inestimable et si divin , par lequel » la victoire et le triomphe de sa mort sont repré- » sentes (1). »
fidelespromoreincatholicA Ecclesiâ semper recepto,lalriae cullum qui vero Deo debetur , huicsanctissimosacramento in vcneratione exhibeant; neque enim ideô minus est adorandum , quod fuerit à Christo Domino, ut sumatur, institutum : nam illum eumdem Deum prajsenlem in eo adesse credimus, quem Pater œternus in- Iroducens in orbem terrarum, dicit : Et adorent eum omnes angfli l>< i ; (jiiem magi procidentes adoraverunt, quem denique in CaliheA ab apostolis adoratum fuisse testatur. Conc, Trid. sess. 13. cap. 5.
I Déclarai praterea sancla synodus, piè et rcligiosè admodùm in Del Eccleeiam Induclum fuisse hune morem, ulsingulis annis pf.ciil.ii i quodam et feslO die prœcelsum hocel venerabile sacramentum singulari vcneratione ac solemnilate cclel)rare(ur , nique m processionibus reverenter et honorificè illud per vias et loca publica circumferrelur. iïquissimum est enim saeros aliquos slalutos esse dies, cùm chrisliani omnes singulari ac rare quAdam «ignifieatione gratos et memores testentur animos ergà cominuncm dominum et rcdemplorcm, pro tàm Ineffabill et plané «livino beneficio, quo mortis ejus Victoria et Iriumpbuf repneseatalur| atque sic quidem oportuit vielriccm veritalnn <!<• nendac o et hacresi Inuraphum agere ; ut ejus adversarii in OOBipeetu lant|
Yene% donc, adorons Dieu, et nous prosternons devant lui : pleurons devant le Seigneur, qui nous a créés; car c'est lui gui est le Seigneur notre Dieu , et nous son peuple, et les brebu qu'il nourrit lui-même , et que sa main conduit (1), Pensons que celui qui est assis là-haut dans le trône de sa gloire , et que les anges adorent, est ce que nous mangeons ici-bas. Faites-y réflexion , je vous prie :. la table du Roi est couverte , les anges vous y ser« yeM r le roi même est présent : et vous bâillez lâchement en sa présence. Vos habits sont mal-propres, et vous ne vous en souciez pas. Mais ils sontnels, me direz-vous : adorez (k/tfs, et communiez. Et pendant qu'on présente le sacrifice; que Jésus-Christ, l'Agneau du Seigneur , est immolé ; en même temps que vous entendez ces paroles. Prions tous ensemble , et que vous voyez tirer les voiles , pensez que le ciels'ouvre , et que les anges descendent, et environnent les autels (2), Joignez-vous donc avec eux pour offrir le sacrifice dont Jésus-Christ est le prêtre et la victime d'une manière admirable et ineffable , comme dit saint Arnbroise (3).
îplendoris, et in tantà universae Ecclesiœ lsetitià positi, vel debilital.i et fracli tabescant, vel pudore affecti et confusi aliquandô rcsipiscant. Conc. Trid, sess. 13. cap. 5.
(1) Venite, adoremus, et pracidamus ,et ploremus ante Dominum, qui fecit nos. Quia ipse est DominusDeus noster:et nos populus pascuœ ejus, et oves manûs ejus. Ps. 91. 6, 7,
(2) Cogitemus quôd .illum sursùm sedenlem, qui ab Angelis adoratur, hune degustamus. Considera/quœso : mensa regalis est apposita, Angeli mens» ministrant, ipse rex adest, et tu adsfas oscitans : sordescunt tibivestimenta,et nihil est tibicurse, At pv.ro sunt : igîtur adora, et communica. Dùm profertursacrificium* et Christus immolatur, et ovis dominica; cum andieris : Oremusomnes communiter , cùm vêla videris retrahi j urne snperne cœlum aperiri cogita. S. Chrysost. hom.Gl. ad pop. Anlioclu et hom. 3. in epist. ad Eph.
(3) Ubi adest preesentia sanctorum angelornm, ubi lu es sacerdos et sacrificium rnirabiliter et ineffabililerconslitulus. S. Jm~ bros. in Pr¶t. ad MUsam,
LECTURES SPIRITUELLES. lll