I. CONSIDÉRATION
Le pape Alexandre (1) dit avec raison que dans tous les sacrements, aussi bien que dans tous les sacrifices 7 il n'y a rien de plus admirable ni de plus grand que le mystère du Corps et du Sang de Jésus-Christ. Nonseulement il n'y a rien de plus grand , mais il n'y a rien qui l'égale, et qui ne soit infiniment au-dessous. C'est par cette raison que le concile de Trente condamne Terreur de ceux qui disent que tous les sacrements sont égaux , parce que de tous les sacrés mystères que notre Seigneur nous a recommandés comme des instruments très-certains de la grâce divine, il n'y en a aucun qui puisse entrer en comparaison avec le le très-saint Sacrement (2).
(1) Alex. Papay ep. i. Décret.
(2) Ex omnibus sacris mysleriis quae nobis tanquàm divin» gratiœ certissima instrumenta Dominus Salvalor noster comraenilavit, nullurn est quod cum sanclissimo Eucharistiae SaîiamenU» tomparari queat. Catecliistnus Romaimu.
Son excellence par -dessus tous les autres paraît premièrement en ce que toutes les grâces qui se trouvent ailleurs , y sont comprises avec éminence. Les sacrements de la loi nouvelle ont cet avantage sur toutes les bonnes œuvres, qu'ils ne confèrent pas seulement la grâce qui est due au mérite de celui qui les reçoit dignement (1), mais encore celle qui est due à l'œuvre même (2). D'où vient qu'il n'y a point de moyen plus efficace pour nous sanctifier et pour arriver à la perfection , que le bon usage qu'on en fait. Mais le très-saint Sacrement a cela de surcroît, comme dit Albert le Grand, que toutes les grâces qui se trouvent éparses dans les autres , sont recueillies dans celui-cî. Voici à peu près ses paroles : « C'est ici le Sacrement » des sacrements. L'Eucharistie contient toutes les grâ- » ces en éminence. C'est un aliment qui nous nourrit à » la vie éternelle. Toutes les grâces qu'on peut recueil- » lir de tous les sacrements et de toutes les vertus , » se trouvent ici renfermées dans une seule (3). »