‹ L'homme d'oraison (volume 2)Chapitre 65 sur 144 · III. CONSIDÉRATION · texte numérisé non relu

III. CONSIDÉRATION

Vous demanderez peut-être comment Ton doit entendre ce que disent les saints Pères, que le sacrifice de la messe remet les plus grands crimes, vu que c'est le propre effet de la contrition et du sacrement de pénitence. Je réponds, avec le Concile de Trente, que par le moyen de cette divine offrande nous impétrons de Dieu des grâces actuelles, qui nous excitent à la contrition, et nous disposent au sacrement de pénitence. Voici ses propres paroles : « Parce que le même Jésus- » Christ, qufs'est offert une fois lui-même sur l'autel » de la croix avec effusion de son sang, est contenu et » immolé sans effusion de sang dans ce divin sacrifice » qui s'accomplit à la messe , le saint Concile dit et » déclare que ce sacrifice est véritablement propilia- » toire, et que par lui nous obtenons miséricorde, et » trouvons grâce ot secours au besoin, si nous ap- » prochons de Dieu contrits et pénitents , avec un cœur » sincère, une foi droite, et dans un esprit de crainte » et de respect. Car notre Seigneur, apaisé par celte » offrande , et accordant la grâce et le don de la péni- » tence, remet les crimes et les péchés même les plus » grands; puisque c'est la même et l'unique hostie, et » que c'est le même qui s'offrit autrefois sur la croix , » qui s'offre encore à présent par le ministère des prê- » très, n'y ayant de différence qu'en la manière d'offrir. » Et c'est même par le moyen de cette oblation non » sanglante que l'on reçoit avec abondance le fruit » de celle qui s'est faite avec effusion de sang, tant » s'en faut que par elle on déroge en aucune façon a » la première (1). »

(1) Et quoniamin divino hoc sacrificio , quod in missà peragitur, idem illeChristuscontinetur, etinciuenlè immolatur, qui in arà crucis semel scipsum cruenlè obtulit; docetsancta synodus, sacnticium istud verè propitiatoriurn esse , per ipsumque fieiï ut, si cum vero corde et rcctâ fideacum metu etreverentiâ, con-

LECTURES SPIRITUELLES. Ul

C'est par cette raison que le Concile , suivant le sonliment des Pères, exhorte tous les fidèles- à la fréquente communion, parce que, dit saint Ambroise, le sang de Jésus-Christ est offert tous les jours pour la rémission des péchés (1) ; parce , dit saint Chrysostome , que c'est la source de tous les biens , et le remède de tous les maux ; et enfin, parce qu'il n^ a rien de meilleur,, dit saint Ignace martyr (2). Assemblez-vous tous en un même lieu pour prier ; n'ayez tous qu'une prière, un esprit, une espérance, accompagnée de charité , et d'une foi irréprochable en Jésus-Christ, parce que rua n'est meilleur que loi. Venez tous ensemble à l'église de Dieu comme si vous n'étiez qu'un, ainsi que vous venez à un môme autel, et à un môme Jésus-Christ qui est Je souverain pontife du Dieu vivant.

triti ac pœnitentes ad Deum acccdamus , misericordiam conscquamur, et gratiam inveniamus in auxilio opportuno. IIujns quippè oblatione placatus Dominus , et gratiam et donum pœni tcntiae concedens , crimina et peccata, etiam ingentia , dimitlil: una enim eaderaque eathostia, idem nunc offerens lacerdotuoi ministerio, qui seipsum tune in cruce oblulit, solâ oflercndi rnlione diverse. Cujus quidem oblationis cruentee, inquam, fiuclus jicr liane uberrimè pereipiuntur : lanlùm abest, ut illi per hanc ■uo?ia modo derogetur. Conc. Trid. sess. 22. 20.

(1) Si quoliescumque effunditur snnguis Cbrif.i in remissioncm peccatorum sumitur, debeo illum semper accipere, utsempermibi piccata dimillantur. S. Ambv. I. 4. de Sacram. c. 6.

(2, Omoes ad orandum in idem loci convenile : sit una corn* munis precatio, una mens, una spes, in charitate et fide Inculpât! in Christum Jesum, quo nihil est melius. Omnes relut unus quispiam ad tcmpluni Dei concurritc velut ad unum altare , ad uimm Jesum Cbrislum summum Sacerdole/n Dei. s. Ignat. cp, ad Magnesianof,

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ENTRETIEN

POUR LE VENDREDI D'ArRÈS l'oCTAVE DU TRÈS-SAINT SACREMENT.

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