‹ L'homme d'oraison (volume 2)Chapitre 64 sur 144 · II. CONSIDÉRATION · texte numérisé non relu

II. CONSIDÉRATION

Ce n'est pas seulement l'Église qui prie pour nnua par l'entremise des prêtres, c'est Jésus-Christ qui parle en notre faveur, et qui veut bien ôtre l'avocat des pauvres et leur solliciteur, qui s'est donné à eux, pour porter leurs vœux sur l'autel de son sacré corps. Penst;z-vous, ditPascbase, que Jésus-Christ, ce divin pontife, qui est le distributeur des biens à venir, ait un autre autel que son sacré corps, par lequel et sur lequel il ofire les vœux des fidèles et la foi des croyants (2) ? Son corps est un tabernacle plus grand cl plut pur fuit que le tabernacle ancien, par lequel il est entré une fois pour toujours dans le sanctuaire , ayant accompli pour jamais la rédemption du monde par l'effusion de son iang 3), comme dit saint Paul. Son corps est encore

i sicut enim , qui ubique offtertnr, unum corpus, e| PlU lia rorpora, ità cliam ot unum sactïlicium. Pootifcx aulera Dosler î lie est , qui bostiain nos mundanlem obtulU. Fps.nu (.rferimui et nunc, qua lancoblata quidem coniuml non poleat.

'2 Pnttsnc aliud este altare, ubl ChrUlua poi sr i t ,

rpui raun, per quod cl In quo F»ro Pair! rota fldi lii m 1 1 ftdes credenllum ofleruolur ? Pat chat tus ^ l. de Corp. et Séutg. Chris //, c |.

' ii 1 1 > t us auten awisleni ponlifei futurorum booorum,

133 L'HOMME D'OIUÏSON.

aujourd'hui l'autel sur lequel nous répandons nos cœurs et nous présentons nos vœux, qu'il appuie de ses prières pour les rendre plus efficaces: « Son corps » est la victime et le don précieux, don inelTable, don » glorieux, don adorable, don divin, don inestima- » ble (1),» don qui surpasse toute plénitude (2), par lequel il apaise la colère de son Père, et nous le rend favorable. On offre au Père éternel la sainte humanité de son Fils, à ce qu'il reconnaisse celui qu'il a engendré, et qu'il a envoyé ici-bas pour le salut des hommes , afin que par sa médiation il donne le pardon à ceux qui l'offensent, la main à ceux qui sont tombés, et la vie à ceux qui sont justifiés. Ce même rédempteur conjure instamment son Père , en lui montrant ses plaies, afin qu'à sa prière il préserve les hommes des supplices éternels (3). Peut-on trouver un moyen plus sûr pour obienir de Dieu toutes sortes de faveurs ? Quel bien, soit temporel ou spirituel, peut-on souhaiter, que Dieu irait souvent accordé en vertu des saints mystères? saint Bernard rendit la parole à un muet en célébrant la messe ; saint Anselme guérit un malade d'une furieuse colique ; saint Albert délivra les pauvres de la famine ; saint Maurille ressuscita un mort, qui se leva à la fia du sacrifice, pendant que le saint prêchait au peuple, et le remercia en pleine assemblée de ce qu'il lui avait

per amplius el perfectius tabernaculum non manufactum, id est non hujus crealionis : neque per sanguinem hircorum aut vilu- Iorum,sed per proprium sanguinem , introivit semel in Sancta , œternâ redemptione inventa. Hebr, 9. Il , 12.

(1) Liturg. S. Jacobi.

(2) Donum transcendens oranera plenitudinem. Urb. 4. tn Decr. de festo Corp or is Chris ti.

(S) Offertur seterno Patri, nati assumpta humanitas , qualenùs agnoscat ipse quem genuit, quemque pro hominum salute misit in terras; ut intervenlione ipsius , delinquentihus veniam, lapsis manum,etjusLifïcaiis praeroget vitam. Clamât idem redemptorad Patrem, corporis sui cicatrices ostendens, quatenùsah aUcrnissiippliciissuâhomincs interpeltatione custHiaU S. kaur. Justin, serm. de JSuc h. jam citais

rendu la vie ; le Père Gaspard Baré, de la compagnie de Jésus, guérit un agonisant; et saint Augustin assure qu'un prêtre do son clergé délivra une mai^ qui était infestée de démons, et en chassa ce* esprits de ténèbres parla force du sacrifice (1). O sacré mini s Ire dusouverain Pontife des bien s futurs , les paroles divines avec lesquelles vous consacrez l'hostie , n'ont pas moins de force dans votre bouche qu'en celle de ces grands saints (2)! Oserais-je dire qu'elles n'ont pas moins de force qu'en celle de Jésus-Christ, parce que leur vertu ne dépend pas de vous, mais de lui seul qui les a prononcées , pour faire, le premier, ce que vous faites en son nom et par son ordre : Faites ceci en mémoire de moi (3) ? Ne négligez-donc pas le pouvoir qu'il vous donne , ni la grâce qui est en vous. Écoutez avec respect et confiance ce qu'il vous dit. Les paroles que vous recevez de moi , seront toujours en votre bouche , et les dons que vous m'offrirez sur mon autel, me seront trèsagréables (4). Le Seigneur agréera de telles victimes, et s'apaisera, et remettra les plus grands crimes. Car en matière de sacrifices il n'y a rien de plus considérable que le corps et le sang de Jésus-Christ. 11 n'y a point d'offrande plus précieuse, elle excelle pardessus toutes les autres ; et comme elle est la plus excellente, on la doit aussi offrir avec plus de pureté , d« ferveur et de respect (5).

(1) Virtribunitius Hespcrius habetin territorio Pussilcnsl ninrdura Zubedi appellatum, ubi domum suam spirituum maliga*rum vim, etc. S. Attg. /. 22. de C. D. c. 8.

Vide. S. Gregor. t. 4. Mal. c. 57. et Bedam l. 4. Hittoria AngUcann, c. 22.

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