III. CONSIDÉRATION
Mais, entre tous ces moyens, le plus efficace et le plus infaillible est le sacrificede la messe et la communion, surtout lorsqu'elle est générale, et que Ton expose le très-saint Sacrement, afin d'exciter la dévotion des fidèles, et fortifier leurs prières par la présence et le secours de Jésus-Christ, qui les unit aux siennes, pour le soulagement de ces saintes âmes qui souffrent encore dans les prisons de la justice divine.
Trois choses rendent cette pratique considérable: l'indulgence du souverain pontife, qui est attachée à la communion ; la multitude des communiants , qui est si grande en quelques lieux, qu'on en a compté une fois à Rome trente-deux mille en un seul jour ; et la ferveur avec laquelle ils conspirent ensemble comme à l'envi les uns des autres au soulagement des morts , et par leurs prières, et par leurs aumônes, et pnr leurs jeûnes, et autres mortifications du corps. Mais le divin Agneau, qui se donne à chacun d'eux en particulier, y contribue incomparablement plus lui seul , que tous ensemble ne pourraient le faire. Car si le pape a le pouvoir d'octroyer des indulgences en faveur des morts, combien a plus forte raison Jésus-Christ le peut-il , lui
>lur bis, fralrcs, memonam pro iis faciamus. etc. Ibid. I. Cor. l.
148 l'homme d'okaison.
qui est le maître des grâces (1) , le possesseur de tous les trésors des indulgences, et, comme dit saint Vincent Ferrier, le Pape éternel, qui a le pouvoir originaire, et dont les autres ne sont que ses vicaires. Si les prières ont un grand pouvoir sur le cœur de Dieu, quelles prières plus efficaces que celles de son sang et de ses plaies , que^Salmeron appelle la langue de la charité et l'Évangile vivant, qui publie la loi d'amour (2)? Enfin, si les aumônes et les offrandes sont reçues on paiement de la justice de Dieu, quelle rançon plus précieuse que le sacré corps de Jésus-Christ, qui, après avoir tout fait, et tout souffert, et tout donné pour le salut des vivants et des morts, eut tant de bonté, comme dit saint Bernard (3) , qu'il voulut bien descendre dans les enfers pour visiter ses amis elles mettre en liberté. Voilà l'admirable exemple qu'il nous donne : suivonsle avec ferveur, etjoignant souvent dans la communion notre faible charité avec sa toute-puissanle miséricorde, disons-lui'avec saint Chrysostome, dans sa liturgie ; «Dai* » gnez jeter un regard sur moi pécheur, afin que j'assiste 9 à votre sainte table, et que j'offre votre saint et im- » maculé corps et YOtre précieux sang. Car vous » qui êtes offrant, et recevant , et donnant, vous êtes » Jésus-Christ notre Dieu (4). »
(1) Quantô magis papa Jésus, qui est domlnus graliarum et in» dulgentiarum!
(2) Linguam charitatis Evangelium vivum, tradens legem amoris. S» Vincent, Ferr. serm. in Sabb. Pasch.infine. Salin, tom. 10. tract. 7. ■
(3) S. Bern.serm. 2. Advent.
(4) Respice ad me peccatorem, ut assistam sanclœ tuoc huic mensae, et offeram sanctum et immaculatum corpus tuuro, et pretiosum sanguinem.Tu enim es, qui es offerens, et accipiens , et dans , Christe Deu* noster.
ENTRETIEN
POUR LE SAMEDI D'APRÈS l'oCTAVE DU THÈS-SAINT SACREMENT.