II. CONSIDÉRATION
Premièrement donc, je dis que le Verbe incarné , en vertu de la communion , s'unit à l'entendement de celui qui le reçoit, en augmentant sa foi par les lumières actuelles, qui sont attachées au sacrement. Car saint Paul nous enseigne que c'est par la foi qu'on s'approche de Dieu (2), et saint Ambroise en apporte la raison :
(1) In decreto Etjgen. IV : Effectus hujus sacramenti, quem in anima operatur digne sumentis , est adunalio hominis ad Christum. Et quia per gratiam homo Christo incorporatur , et membris ejus unitur, consequens est, etc.
(2) Credere enim oportet accedenteraad Deum. Hebr. \U
parce que le baiser du Verbe n'est autre chose que la lumière de la connaissance divine (1). Or l'Eucharistie est un mystère de foi, non-seulement parce que c'en est un excellent objet , mais encore parce que c'en est une des plus vives sources. C'est là que s'accomplit la prophétie d'Osée : Je ferai alliance avec vous par le moijen de la foi , et vous connaîtrez , par expérience , que je suis le Seigneur (2). Ce bonheur arriva effectivement aux disciples qui allaient à Emmaiis ; car ils ne connurent point le Fils de Dieu pendant leur voyage ; mais sitôt qu'il leur eut rompu le pain de vie, il leur ouvrit les yeux, et les remplit d'une si vive foi de la résurrection, qu'ils partirent à l'instant pour en être témoins, et l'aller annoncer aux apôtres. Ils le connurent par la communion (3) , et recouvrèrent en môme temps la paix de l'Ame, la joie de l'esprit, la vue de leur maître, et cette divine alliance parlaquelle l'entendement humain devient V époux de la première vérité , car c'est ainsi que parle le savant Évêque de Paris : « L'intellect est l'époux » de la première vérité (4). »