‹ L'homme d'oraison (volume 3)Chapitre 100 sur 164 · III. CONSIDÉRATION · texte numérisé non relu

III. CONSIDÉRATION

Que s'il ne dépend pas des biens et des ricLesses de ses sujets , il ne dépend pas aussi ni de leur multitude ni de leur force. Les rois ne font pas leurs sujets, il faut qu'ils les prennent tels qu'ils les trouvent. Mais Jésus-Christ fait les siens tels qu'il lui plaît (3). Les rois ne peuvent rien sans leurs sujets : que fera

(1) Sitiit incruce , accepit potum, non à misesnte, sed ab insultante , et bibit acetum in morte fons vitae. Noli aspernari, noli contemnere , noli dicere : Ergô Deus meushomo factus est ? ergô Deus meus crucifixus est ? etiam plane ; ità , crucifixus est.

Paupertas ejus tibi commendatur Fidem posside cum Christo

in paupertate ipsius , ut et bonis ejus perfruaris.

(2) Audi quia hoc voluit. Audi quia ideô in paupertate ad te ^enit. Audi vocem pauperis propter le Domini Dei ditantis te. Vide quomodo bonis ejus perfruaris , si fidem cum eo in paupertate servaveris. Pater, inquit, volo ut ubi ego sum , et ipsi sint mecum.

(3) Ipsius enim factura sumus, creati in Christo Jesu ? in operibus bonis.

un général d'armée, s'il n'a point de troupes , ou si ses soldats l'abandonnent ? mais Jésus-Christ est aussi puissant tout seul, que quand il est environné de toute la milice du ciel, et que toutes les créatures le servent. Qu'un roi commande , ce n'est pas sa parole qui exécute , il lui faut des officiers et des ministres. Mais Jésus-Christ peut tout par sa parole. 11 appelle ce qui n'est pas, et le fait sortir du néant (1). Ce serait folie à un homme de parler à ce qui n'est pas; mais c'est sagesse et puissance â Jésus-Christ, parce qu'en lui parlant, il le fait être. Soyez guéri, dit-il au lépreux : aussitôt il est guéri. Sortez dehors, dit-il à Lazare : en môme temps i! ressuscite. Jeune homme , leevz vous, je vous l\ /donne , dit-il au Gis de la veuve de Naïm; et à l'instant il se lève. Il n'y a pas jusqu'au démon, son plus grand ennemi, à qui il n'impose silence, et qui n'obéisse à sa parole.

Il paraît par là combien grande est la majesté du Seigneur , dont l'empire ne dépend que de ?a volonté , et n'a point d'autres bornes que l'univers et l'éternité (2). Il paraît, en second lieu, que c'est en vain que le pécheur refuse de se soumettre à son empire, parce qu il ne peut par ses révoltes s'exempter de le servir, mais seulement se rendre plus mauvais serviteur (3).

(1) Vocat ea quœ non sunt.

(2) Cernere est quantse sit Dominus majestatis , cujus nutu imperium constat, et imperio universitas atque œternitas termini sunt. S. Bern. 1. 5. de consid. c, 4.

(3) Woîi servire cum murmure. Nonid agunt murmura tua ut non servias, sed ut malus scrvus servias. S. Angust, in Psal. 99.

ENTRETIEN

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