III. CONSIDÉRATION
C'est sur cet excellent modèle que les grands du monde doivent régler l'usage du pouvoir qu'ils ont reçu de lui, non pour opprimer leurs sujets, mais pour les protéger et procurer leur bonheur. Vous avez le pouvoir d'un Dieu, ayez donc la bonté d'un Dieu envers les affligés et les misérables (1). Votre vie est un bien commun, n'en faites pas un mai universel. 11 vous a élevés dans le monde comme des astres favorables, qui doivent procurer la paix du jmonde par des mouvements infatigables : ne soyez pas comme des comètes , qui ne jettent que de malignes influences. Juges, qui tenez la balance en main, et qui pesez la vie des hommes, ce n'est pas pour armer vos passions que vous portez Pépée de la justice, mais pour défeodce l'innocent et l'orphelin. Maîtres, qui avez des serviteurs que la pauvreté tient soumis à vos volontés , ce n'est pas pour exercer sur eux une espèce de tyrannie, et négliger le salut de leur âme. Vous me direz que ce sont vos serviteurs que vous tenez à vos gages. Il est vrai ; mais ce ne sont pas des esclaves , dont il vous soit permis de tirer toutes sortes de services, et ne leur donner aucune récompense. Ce sont vos serviteurs ; mais ils sont chrétiens , et vous devez prendre soin de leur instruction. Ce sont vos serviteurs ; dites mieux, ce sont d'humbles amis (2), qui, pour être petits , ne laissent pas de vous être utiles , et s'ils sont fidèles, vous devez les chérir tendrement (3). Ce sont vos serviteurs, mais ils sont aussi serviteurs de Dieu comme vous , vous n'avez tous qu'un
(1) Fac calamitoso sis Deus, Dei misericordiam imitando. S* Grec orlu s Naz. orat, 16.
(2) Servi sunt , sed hunailes araici.
(3) Est til>i servus fidelis , sit tibi sicut anima tua»
J*«Mj&ï. Œtw . xril. 13
290 l'Homme oraison.
mémo maître , qu< vous traitera comme vans ftaitei
les autres.