‹ L'homme d'oraison (volume 3)Chapitre 114 sur 164 · COIN S IDE RATION · texte numérisé non relu

COIN S IDE RATION

Saiht Augustin dit que nous ne devons pas mépriser les corps des gens de bien, après leur mort, parce que ce sont les vases et les organes du Saint-Esprit, dont il s'est servi pour faire,, toutes sortes de bonnes œuvres (1). Quelbonneur devons nous donc au sacré Corps de Jésus-Christ qui est l'organe de sa toutepuissance , dont il s'est servi pour guérir toutes sortes de maladies, pour faire toutes sortes de miracles, pour triompher de toutes les puissances de l'enfer,

(1) Non contemnenda sunt corpora defunctorum, maxime juslorum atque fidelium , quifous tanquàm organiset vasis, ad omnia bonà opéra sanclus Spiritus usus est. S. Aug. L 1. de C. D% C. 13.

et pour agir souverainement, non-seulement sur les corps», mais encore sur les esprits ! Quatre admirables pouvoirs qui lui conviennent par une singulière prérogative, à cause de l'union qu'il a avec la personne du Verbe.

Premièrement donc, il a une vertu salutaire pour guérir toutes sortes de maladies. L'Évangile nous apprend que lorsque le Fils de Dieu paraissait en public, tout le monde tâchait de le toucher , parce qu'il sor~ tait de son corps une secrète vertu qui les guérissait tous à l'heure même (1). Bien davantage , comme nous voyons que l'aimant, touchant un anneau de fer, lui communique sa vertu attractive pour en attirer un au- Ire , de même cette vertu miraculeuse , qui sortait de l'humanité sainte du Fils de Dieu, se répandait sur ses habits, et sur les choses qu'elle consacrait en les touchant seulement D'où vient que l'hémorroïsse, quiétait travaillée d'une perte de sang, disait en elle-même : Si je puis seulement toucher la frange de sa robe, je serai guérie : et dans cette confiance elle se glissa parmi la foule qui le pressait, et lui déroba par un pieux larcin la santé qu'elle avait si long-temps cherchée sans la trouver. Eusèbe même remarque que dans la ville de Césarée , qui était le pays de cette vertueuse dame, il y avait à l'entrée de sa maison une statue de notre Seigneur, aux pieds de laquelle il croissait une herbe qui, étant montée jusqu'au bord de sa robe, en tirait une vertu médicinale pour guérir plusieurs maladies. Si bien que l'on peut dire, par une juste application , que la chair innocente du Sauveur est la terre sainte , d'où leTrès-Haut , selon le Sage , a tiré la médecine de tous nos maux (2) : médecine qui surpasse infiniment la vertu de tous les simples, et qui est, à proprement parler, le remède universel

(1) Omnis turba quaerebat eum tangere, quia virtus de illo exibat , et sanabat omnes. Luc. 6. 19.

(5) Altissiraus de lerrâ creavit raediciom

291 l'flOMMK DORAÏSON.

détaxa les maux du corps et de l'esprit. H ne faut sou vent, dit l'Ecriture (1), qu'un petit nuage, une douce pluie, pour remédier à ions les désordres que causent la rigueur du froid et la violence des vents. De même il ne faut qu'une goutte de sang qui tombe comme une pluie salutaire de cette admirable nuée , dont le soleil de justice se couvre, pour remédier à tous les maux corporels et spirituels , que le souftîe du malin esprit et le poison du péché causent dans le monde : 0 deux , faites tomber sur nous cette divine rosée (2) !

Page 1