‹ L'homme d'oraison (volume 3)Chapitre 115 sur 164 · II. CONSIDÉRATION · texte numérisé non relu

II. CONSIDÉRATION

Secondement, il a un pouvoir universel de faire toutes sortes de miracles par un simple regard , par son seul attouchement , par sa parole, non-seulemeni en priant, mais encore en commandant. Ainsi il guérit le Paralytique en lui disant : Levez-vous Je vous le commande , emportez votre lit (3). Ainsi il rendit la santé au lépreux parces deuxmote : Je le veuwjoyez guéri (4). ainsi il rappela des limbes Time du Lazare, et le fit sortir du sépulcre, en lui criant : Lazare , Lazare, sortez dehors (5). Ainsi A câlina la mer en un instant par ces paroles d'empire et de menace : Tais-toi , apaise-toi. Plusieurs théviogiens estiment que ce pouvoir surnaturel que le Fils de Dieu donnait à sa sainte humanité, était une qualité physique proportionnée à Peffet miraculeux qu'il voulait produire par elle , comme par son organe. D'autres disent qu'elle agissait par un pouvoir , qu'ils appellent pouvoir d'obéissance (6), en vertu duquel toutes les créatures peuvent

(5) Medièïiîa oiûQium in fc.sUnatione»nebuI». Eccli. 43.84.

(2) Rorate, cœli, destiner, /a. 46. 8.

(3) Tibi dic^, sungu , lolle lectaqi jUJura > et vade iu domura tuam. Luc. 5. 24.

'4; Volo: mundars».

(5) Veni foras.

(6) Poleatiam obedientialem.

servir d'organe à la toute-puissance de Dieu , pour faire ce qu'il lui plaît : avec cette différence considérable , que sa très-sainte humanité est un organe conjoint k la Divinité , comme le bras Test au corps , ce qui ne con* vient à aucune autre créature , pour excellente et parfaite qu'elle soit. Il y en a d'autres qui n'admettent qu'un pouvoir moral par lequel la créature porte l'empire du créateur, qui agit en sa présence, ou à son instance, ou en sa considération : pouvoir qui est d'autant plus grand dans l'humanité sacrée de Jésus-Christ, qu'elle a infiniment plus de mérite et de crédit. Pour ce qui regarde les saints Pères , il est difficile de décider quel a été leur sentiment sur ce sujet. Saint Grégoire dit que ceux qui s'attachent à Dieu par un esprit de piété et de vertu , font des miracles en l'une et en l'autre de ces deux manières, lorsqu'il est nécessaire, ou en priant , ou en usant du pouvoir que Dieu leur donne (1) ; mais il ne dit point quel est ce pouvoir, ni s'il ast physique ou moral. Saint Cyrille (2) dit que Jésus- Christ ne ressuscitait pas toujours les morts par sa seule parole, mais encore par son attouchement, pour montrer qne son corps pouvait aussi donner la vie ; et même il frappe d'anathème ceux qui n'avouent pas que la chair du Seigneur soit vivifiante (3) ; mais il ne déclare point comment cetta chair déifiée donne la vie, ni si c'est comme une cause physique ou morale dont le Verbe se sert comme d'organe pour opérer des miracles. Euthymius (4) compare l'humanité adorable au fer ardent, qui a les qualités du feu, et qui produit les mêmes effets; Elias Cretensis dit que le corps de Jésus- Christ est un charbon divin , qui a la vertu de gué-

(1) Qui devolÀ mente Deo adhœrent , cùm rerum nécessitas exposcit , exhibere signa modo utroque soient , ut mira quœque aliquandô ex prece faciant , aliquando ex potestate. S. Greg.l. 2. Dialog. c. 80.

(2) S. Cyrillus,l. 4. in Joan. c. 14.

(3) Si quis carnem Domini non confitetur esse vivificam... #nathema sit. Idem>ep, 10. anathematismo 11*

(4) Euthym. in c. 7. Luc. c. 19.

rir les malades , de rendre la vie aux morts , et de sanctifier les pécheurs, parce que c'est le propre corps du créateur de toutes choses et du Verbe vivifiant (1) ; maison peut justifier ces comparaisons , soit qu'on regarde ce charbon embrasé du feu de la Divinité comme un organe physique , ou comme un instrument moral de la toute-puissance du Verbe, qui lui communique ses qualités de la plus excellente manière , qu'une nature créée et corporelle la puisse recevoir.

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