‹ L'homme d'oraison (volume 3)Chapitre 145 sur 164 · I. CONSIDÉRATION · texte numérisé non relu

I. CONSIDÉRATION

Saint Clément dit que l'onction qui est faite par le ministère des hommes , confère lotit ce qu'il y a de plus honorable dans le monde. Car qu'y a-t-il de plus glorieux que la qualité de prophète, de plus illustre que celle de pontife, de plus sublime que celle de roi (1) ? C'est néanmoins par le ministère des hommes que Dieu consacre les Prophètes , les pontifes et les rois. Mais, pour le sacre de son Fils, il n'emploie ni les anges ni les hommes, il le fait par lui-même, c'est son

(1) Quid enim in prœsenti seculo prophetà glorifias, pontifie* *larius,rsge snblimius? S. Ctemens , t. iïecogn*

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ouvrage, et Jésus-Christ est l'oint du Seigneur par excellence.

C'est Point du Père éternel, cwnme dit Tertullien : Dieu le Père l'a oint du Saint-Esprit (1). Le ciel s'ouvrit lorsque Dieu le Père l'oignait , dit Optât , et aussitôt l'huile spirituelle descendit sous la figure d'une colombe qui s'arrêta sur sa tête, et le parfuma; c'est pourquoi on commença à lui donner le nom de Christ, quand il reçut Ponction de Dieu le Père (2). Ce n'est pas qu'il n'eût reçu dès le premier moment de sa vie une onction personnelle et éternelle, comme dit saint Cyrille (3) ; mais il ne l'avait reçue qu'en secret. Ce fut le jour de son baptême que le Père éternel déclara publiquement qu'il était son Fils bien-aimé , et qu'il obligea tous les hommes à le reconnaître pour le prophète , le roi et le souverain pontife de l'univers (4).

C'est aussi Point du Saint-Esprit. Un jour, dit saint Luc , étant venu à Nazareth , il entra, selon sa coutume le jour du Sabbat, dans la synagogue, et comme il se leva pour lire , on lui présenta le livre du prophète Isaïe, et Payant ouvert, il trouva le lieu où ces paroles étaient écrites : L'esprit du Seigneur s'est reposé sur moi. C'est pourquoi il m'a sacré par son onction, et il m'a envoyé pour annoncer l'Évangile aux pauvres (5).

Enfin il est encore Point par lui-même et de luimême, comme dit saint Jean Damascène. Ses paroles sont remarquables : Son onction n'est pas comme celle d'un simple prophète : il est oint par la présence de

(1) Spiritu unctus est à Dec Pâtre. Lib. de Bapt. c. 7.

(2) Apertum est cœlum , Deo Paire ungente ; spirituale oleum statim in imagine columhse descendit , et insedit capiti ejus, et perfudit eum. Undè cœpit vocari Ghristus, quandô unctus est à Deo Pâtre. Optatus , /. 4. contra Parmenion.

{S) S. Cyrillus ,de S. Trin. c. 22.

{A) ride S. Iren.L 3. c. 10.

(5) Spirilus Domini super me : propter quôd unxit me : ? geli*are pauperibus misit me. Luc* A. 17.

tout le parfum de la Divinité. Si bien que ce qui oint , se fait homme , et ce qui est oint, est Dieu, non pat un changement de nature, mais par une union personnelle. Car celui qui oint est le même que celui qui est oint. C'est un Dieu qui s'oint lui-même , je dis lui homme (1).

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