I. CONSIDÉRATION
Saint Ambroise dit que le vaisseau dans lequel le Fils de Dieu conduit nos âmes au port du salut, c'est son Église, qui est dans le monde comme un vaisseau sur ia mer agitée de la tempête. Mais encore qu'elle soit souvent battue de toutes parts des flots et de l'orage, elle ne peut néanmoins jamais faire naufrage, parce que le Fils de Dieu est élevé au haut du mât, c'e:t-àdire, sur la croix; le 'Père est assis à la poupe, comme le gouverneur du vaisseau; le Saint-Esprit garde la proue (1). Dans ce vaisseau , continue noire
(1) Sed et si undiquè fluctibus aut procellis sœpè vcxatur, lamen nunquàm potest sustinere nauiragiuui j quia in Iabore ejus, id est, in cruce Christus erigitur : in puppi Pater rcsidet guberna* tor ; proram Paraclitu* servit SjpuUus. £, Ambr, L de Scrfom. c. 4.
jaint docteur, nous évitons heureusement les deux écueils deMontanus, Priscilla et Maximilla, et le prince des pirates, Arius, qui nous poursuit par la mère de ce siècle, comme Pharaon poursuivait les Israélites par la mer Rouge ; mais en suivant l'étoile, qui conduisit Iô9 Mages jk Jésus-Christ, à la faveur duquel nous espérons d'arriver au port du salut, nous ne le craignons point, non plus qu'Ursatius, Valens , Sabellius , et tous ces vents orageux de l'Aquilon, c'est-à-dire de l'Antéchrist, dont il est écrit: Tous les maux viendront de î'Àquilon (1). L'Église est donc ce vaisseau qui rencontre tous les jours cent dangers dans la mer du siècle qu'elle traverse, mais qui ne se brise jamais contre les écueils, ni ne s'enfonce point au fond de la rner (2). 0 Jésus, l'espérance du genre humain, Dieu de Dieu, notre espérance et notre force, dont les lumières nous éclairent parmi les orages de cette vie, comme Tétoile de la mer, pour nous conduire à vous qui êtes notre port, gouvernez, Seigneur, notre vaisseau avec le gouvernail de votre croix, de peur que nous ne périssions dans les flots; et par sa vertu tirez nous à vous, qui êtes notre unique consolation (3).