III. CONSIDÉRATION
La troisième merveille de son glorieux triomphe
(t) Omnes absolvit, et in gloriam duxit rex gîoriae. S. An- $elmus, in Elucidavio*
(2) Gerson, Alphab. 83. l.F.
(3) S. Tfio. S. p. g. 52. «. 8. Suares ibid.
(4) Servavi te , et dedi te in fœdus populi , ut suscitares lerram , et possideres haereditates dissipatas ; ut diceres his qui vincii sunt: Exite $ et his, qui in tenebris : Revelamini. Is. 49. 9.
(5) De manu mortis Iiberaboeos , de morte redimam eos. Ero mors tua , ômors; morsus tuus ero, inferne. Osée. 3. 14.
(6) Quia in electis suis funditùs occidit mortem , mors mortis exstitit : quia verô ex inferno partem abslulit, etpartem reliquit, non occidit funditùs 7 sed momordit infernum. S. Greg. homiU 22. in Evang. Vide et S. Aug. serm. 137. de temp.
est qu'il a délivré ses serviteurs de la crainte de la mort : Ne craignez point. Je suis le premier et le dernier. Je suis vivant, et j'ai été morii9 et je vis maintenant dans les siècles des siècles, et je tiens entre mes mains les clefs de la mort et de l'enfer (1). C'est pour acquérir cet em • pire , qu'il a voulu participer à la chair et au sang , afin de détruire par sa mort, comme dit l'Apôtre , celui qui était le prince de la mort , et de mettre en liberté ceux que la crainte de la mort tenait dans une continuelle servitude pendant toute leur vie (2). Cette servitude était d'autant plus fâcheuse, que, pour éviter la mort, les hommes, qui ^ n étaient esclaves, commettaient beaucoup de désordres, comme remarque saint Isidore ; et d'ailleurs le ciel leur étant fermé , et l'enfer ouvert à leurs crimes , ils nç regardaient la mort que comme la porte île l'abîme, où lis craignaient de tomber, ce qui remplissait leur cœur de tristesse, et mettait le fiel et l'amertume parmi tous les plaisirs de la vie. Mais maintenant que le Fils de Dieu nous a mis en liberté , nous pouvons dire, avec le Prophète : La mort a été défaite et vaincue. Omort, où est ta victoire? ô mort, où est ton ai* guillon($)7 tu es morte en faisant mourir le Sauveur des hommes , et nous vivons par sa mort (4). Voilà ce qui assure le juste à ce moment redoutable, et le met au-dessus de toutes les frayeurs de la nature. 11 ne craint point la mort, dit saint Jérôme, parce que c'est un ennemi vaincu , qu'on ne craint point après qu'il
(1) Noli timere. Ego sum primus et novissimus. Et vivus, et fui mortuus, et ecce sum vivens in secula seculorum : ethabeo claves morlis et inférai. Apoc. 17. t. 18.
(2) Ut per mortem destrueret eum qui habebat mortis imperium, etliberaret eos qui , timoré mortis , per totam vitani obnoxii erant servi lu ti. Hebr. 8.
(3) Absorpta est mors in Victoria tuâPUbi est, mors, Victoria tua ? Ubi est, mors, stimulus luus. I. Cor. 15. 54.
(4) Ulius morte lu morlua es, illius morte nos vivimus. S. Uio ronyrn, in Epilapk. dévoilant ad Ueliod*
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a perdu la vie. 0 Jésus, Sauveur du monde , nous vous remercions, nous qui sommes vos créatures , de ce que vous avez tué, en mourant, un si puissant ennemi (1). II ne craint point la mort , dit saint Bernard, parce qu'elle n'a point de venin pour lui; elle ne lui peut faire aucun mal, depuis que Jésus-Christ lui aôtéson aiguillon : il est vrai qu'il ne l'empêche pas encore de se présenter à nous, mais il l'empêche de nous nuire (2). 11 ne craint point la mort, dit Grenade (3) , parce qu'il a vécu dans la crainte de Dieu , et quiconque craint Dieu , n'a plus sujet de craindre aucun mal. 11 ne craint point la mort, parce qu'il a bien vécu, et Ja crainte de la mort est un effet de la mauvaise vie, 11 ne craint point la mort , ni pour les accidents fâcheux qui raccompagnent, parce que ce sont comme des douleurs de l'enfantement , qui le font renaître pour l'éternité , ni pour la mémoire de ses péchés , parce qu'il a Jésus-Christ pour son rédempteur , auquel il a toujours tâché de plaire; ni pour la rigueur des jugements divins, parce qu'il l'a pour avocat; ni pour les assauts des démons, parce qu'il l'a pour défenseur et pour protecteur; ni pour l'horreur de la sépulture , parce que Jésus-Christ est la résurrection et la vie , qui fera un jour renaître ce corps matériel , et le rendra incorruptible et spirituel. Enfin il ne craint point la mort, parce que, depuis que le Fils de Dieu l'a vaincue sur le Calvaire, ce n'est plus une mort à l'égard du juste , mais un sommeil; ce n'est plus un objet de terreur , mais de mépris, comme dit saint Basile (4).
(1) Gratias tibi, Christe S-alvator, tua agimus creatura, quôd tàm potentem adversarium nostrum , dùm occideres , occidisti. S. Hieronym. in epitaph. Nepotian. ad Heliod.
(2) Minime quidem adhucabesse cogitur,sedcogitur non obesse. S. Bern. serm. de S. Malachiâ.
(3) Guide des pécheurs.
(4) Depactâ namque cruce, somnus mors est, ante crucem for* midabilis, post crucem despicabilis. S. Basil, orat. 32. sub fi/iem.