‹ L'homme d'oraison (volume 4)Chapitre 1 sur 201 · I. CONSIDÉRATION · texte numérisé non relu

I. CONSIDÉRATION

Je ne puis mieux commencer cette troisième parlie de la dévotion envers notre Seigneur Jésus-Christ, que par !e sage conseil de saint Bonaventure: Proposezvous toujours en tout ce qui regarde la pratiqua des vertus et le règlemecJ des mœurs, et le plus illustre

et le plus parfait original de toute sainteté , à savoir, la vie et les mœurs du Fils de Dieu notre Seigneur Jésus- Christ (1).

Il est certain que, pour acquérir la perfection , il faul avant toutes choses en former une idée qui nous la représente nettement, afin que la lumière qu'elle jette dans noire esprit, nous montrant la fin où nous devons viser, règle tous les mouvements qui nous y portent, et nous anime à la poursuite d'un si grand bien par l'estime qu'elle nous en donne. De là vient que le Saint-Esprit, qui est le principal auteur de la sainteté, a coutume d'abord d'en imprimer dans l'âme qu'il y appelle, une éclatante image, qui se perfectionne à mesure qu'on avance dans le chemin de la vertu, mais qui s'efface aussi bientôt si on la néglige. Cette idée est absolument nécessaire à qui veut travailler sérieusement à sa perfection , parce que l'art des arts et la science la plus divine est de savoir bien vivre (2). Une action vertueuse ne se pratique point par hasard et sans dessein , c'est un ouvrage de sagesse. Or vous savez que l'art ne travaille point sans idée ; un édifice matériel , dit Aristote, ne se fait que sur un autre édifice, qui est dans l'esprit de l'architecte. Dieu même, dont la sagesse est infinie, ne produit rien au-dehors que sur l'idée qu'il en a conçue, et sur le projet qu'il en a fait par son Verbe ? qui est la cause exemplaire de toutes les créatures.

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